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La fin des horaires de travail de 9 à 5?

La fin des horaires de travail de 9 à 5?
Photo: Getty Images/iStockphotoArchives Métro

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à offrir de la flexibilité à leurs employés, qui en font aussi la demande. Assiste-t-on à la fin du traditionnel 9 à 5?

Arriver au bureau à 10h après son cours de sport, le quitter à 15 h pour aller chercher les enfants à l’école, passer du temps avec eux, puis reprendre sa tâche lorsqu’ils se couchent… Pourquoi notre journée de 
travail ne pourrait-elle pas s’adapter à nos besoins?

Pour beaucoup, la possibilité d’avoir des horaires flexibles permet surtout d’améliorer la qualité de vie et la productivité. Plusieurs entreprises l’ont d’ailleurs compris et ne demandent plus aux employés d’être présents de 9h à 17h: c’est la compagnie qui s’adapte aux salariés, et non le contraire. «Les gens travaillent de plus en plus depuis la maison ou d’autres endroits, et leurs horaires ne sont plus nécessairement fixes», constate Ariane Ollier-Malaterre, professeure au Département d’organisations et de ressources humaines de l’UQAM. Et si les horaires atypiques étaient en train de devenir la norme?

La flexibilité s’impose
Une recherche menée conjointement par le groupe Adecco et LinkedIn révèle que de plus en plus de personnes deviennent indépendantes en raison des horaires flexibles. Selon les résultats, 54 % des travailleurs indépendants ont délibérément choisi cette flexibilité pour répondre à leurs besoins et objectifs personnels.

«Les horaires flexibles sont bien meilleurs pour les employés, cela leur permet notamment de s’organiser en fonction de leurs propres contraintes», estime Ariane Ollier-Malaterre, ajoutant du même souffle que la flexibilité améliore la productivité.

La fin du traditionnel 9 à 5
«Il y a des attentes grandissantes chez les employés, qui souhaitent plus de flexibilité; une demande pour que le travail puisse être fait en dehors des horaires de 9 à 5», pense Ariane Ollier-Malaterre. Si les horaires flexibles ne sont pas nouveaux, elle constate que le sujet est dans l’air du temps et que les entreprises ont tout intérêt à s’adapter.

Pour ce qui est de l’étude d’Adecco et de LinkedIn, elle estime que les horaires flexibles représentent tout simplement l’avenir de l’emploi et qu’il s’agit d’une nouvelle ère économique. Les plus jeunes y sont d’ailleurs les plus sensibles: 89% des 
18-26 ans envisagent ce mode de travail pour une carrière longue, et 82% aspirent à devenir des travailleurs flexibles.

«Les horaires flexibles sont bien meilleurs 
pour les employés; cela leur permet notamment de s’organiser en 
fonction de leurs propres contraintes.» –Ariane Ollier-Malaterre, professeure 
au Département d’organisations et 
de ressources humaines de l’UQAM

Attention à 
la surcharge
«Attention, toutefois. Avec les horaires flexibles, ce que l’on oublie parfois, c’est que la charge de travail, elle, ne s’en va pas», avertit la professeure, expliquant qu’il faut bien distinguer le temps officiel passé au bureau du temps effectif de travail. Lorsqu’on peut œuvrer de n’importe où et à n’importe quel moment, le défi consiste à être capable de décrocher pour se ressourcer. «Cela peut finalement allonger le temps de l’activité bien au-delà du 9 à 5», explique Ariane Ollier-Malaterre.

Elle conseille ainsi de faire particulièrement attention à la charge de travail et aux attentes au sein de l’entreprise avant d’accepter des horaires flexibles.

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