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A-t-on besoin d’un nouveau groupe de femmes en technologie?

A-t-on besoin d’un nouveau groupe de femmes en technologie?
Photo: Métro

Le groupe Femmes en apprentissage machine et science de données, appelé également WiMLDS, a vu le jour à Montréal le 3 décembre dernier. Pour le lancement, les organisatrices ont profité de la présence de NeurIPS dans la métropole pour lancer leur première édition, s’assurant ainsi de la participation de conférencières émérites.

À l’origine, il s’agit d’une initiative de Marina Pavlovic Rivas, fondatrice de Gradiant AI, accompagnée par deux collègues, Ghizlene Zerguini, conseillère principale chez Deloitte, et Fanny Riols, qui est scientifique en recherche appliquée chez Element AI et cofondatrice du chapitre parisien de WiMDLS.

Il existe 19 chapitres de WiMLDS dans le monde. Hormis celui de San Francisco, le chapitre de Nairobi est le plus important, comptant plus de 1800 membres. À Montréal, on en compte près de 450. Leur mission est de soutenir et de promouvoir les femmes et les minorités de genre qui travaillent ou étudient dans les champs d’application de l’apprentissage machine et des sciences de données.

Des groupes de femmes en technologie, il y en a pas déjà mal: Lesbians Who Tech, NousSommesCyber, CryptoChicks, All-Girl Hack Night, Canada en Programmation, Queer Tech Montreal… Lorsque j’entends parler d’un nouveau rassemblement de femmes en technologie, je me demande toujours si c’est nécessaire. Ne dilue-t-on pas le message en organisant plusieurs événements qui réunissent 40 personnes plutôt qu’un ou deux qui en rassemble 100? À bien y penser, je crois que non.

Qui suis-je pour dire à ces femmes de ne pas se rassembler entre elles, selon leurs thématiques préférées? La soirée à laquelle je suis allée était très technique et pointue. Jamais on ne pourrait traiter d’algorithmes mathématiques à une soirée où on parle d’expérience utilisateur (UX). Tout ça a peut-être l’air d’être du même acabit, mais ce sont des pommes et des oranges.

Alors, pourquoi me suis-je questionnée sur la nécessité d’un tel groupe? Je crois bien avoir fait preuve de sexisme. Je les ai considérées comme des femmes en IA et non comme des expertes en IA, tout court. Ce sont des chercheuses, des étudiantes, des travailleuses qui sont d’abord et avant tout des expertes dans leur discipline. Leur genre n’est que secondaire. Personne ne se questionne sur la tenue de rencontres à propos d’Agile, d’apprentissage profond, d’interface utilisateur (UI) ou encore de devops. Parce que ça semble effectivement pertinent de compartimenter selon des affinités.

Alors oui, créons plus de groupes de femmes en technologie. C’est parfait et nécessaire! Continuons à montrer et à parler de l’ampleur des talents féminins. J’adore ça! Et à la vue du nombre de personnes présentes lundi dernier et aux questions ultra pertinentes de l’audience, je suis loin d’être la seule à le penser.

Quelles sont les prochaines étapes pour WiMLDS Montréal? Un partenariat avec Les femmes en science de données en mars 2019. Marina Pavlovic Rivas m’a également avoué qu’elle aimerait pouvoir offrir des bourses ou une forme de soutien monétaire à des femmes qui voudraient se lancer dans l’industrie. Longue vie aux Femmes en apprentissage machine et science de données!

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