Hyundai Genesis 2012: pas un pli sur la bedaine de mononcle
Être la saveur du mois n’aura en fin de compte fait qu’un temps pour la berline coréenne. Celle qui a remporté bien des honneurs au moment de son lancement en 2009 (Meilleure voiture canadienne, Voiture nord-américaine de l’année, etc.) s’essaie encore plus du côté sport. En vain.
Certes, pour 2012, son nouveau V8 de 5,0 litres (qui remplace le 4,6 litres) fait augmenter la puissance de 11 %, à 429 chevaux. C’est de la puissance, mes amis! Et la nouvelle transmission automatique compte deux rapports de plus, pour un grand total de huit.
Mais… ces huit rapports se transigent avec une telle discrétion qu’il faut avoir les yeux sur l’instrumentation pour s’en apercevoir. Et ils ne font malheureusement pas monter les palettes au volant. Et le V8 ne gronde pas comme un V8. Et si, dans l’ensemble, le dynamisme est au rendez-vous, les frissons, eux, ne le sont pas.
Qui plus est, le raffermissement des amortisseurs (de 30 %, dit-on) fait ressortir les imperfections du bitume, ce qui, pour une voiture de mononcle, laisse une drôle et indésirable impression de rugosité. Et sur la route, le comportement de la berline, pourtant à propulsion, n’est pas aussi assuré que souhaité. À qui la faute? D’abord aux dimensions de la Genesis, qui font qu’on ne lance pas impunément la voiture dans un virage, mais aussi à une direction qui manque d’âme. Toujours pas non plus de traction intégrale au rendez-vous. Et dire que cette variante «performante» de la Genesis veut se faire appeler 5.0 R-Spec…
Boudez le V8… mais pas le V6!
Pour toutes ces raisons, nous vous disons : woh… pour la Genesis V8. Mais ne boudez pas pour autant la Genesis V6. Même que cette dernière constitue le bon choix dans sa variante Premium qui, pour 45 000 $, vous gâte, notamment avec des places chauffantes à l’arrière.
La Genesis de base a aussi reçu pour 2012 un supplément vitaminé : 43 chevaux de plus, à 333 chevaux, désormais délivrés grâce à une injection directe. Les accélérations sont douces et ne manquent pas d’air pour faire décoller la masse de presque deux tonnes. De plus, sa suspension fait un meilleur boulot de neutralisation. Enfin, elle a elle aussi droit à la boîte huit rapports qui, sur l’autoroute, permet une économie de carburant de 5 % par rapport à l’ancienne.
Et la bedaine de mononcle?
Et toujours, il y a cette belle silhouette racée surmontée d’une très «cool» grille mystère (lire : sans logo Hyundai). Le tout est nouvellement – et agréablement – rehaussé d’un bas de calandre plus moderne, de phares à DEL, de bas de caisse plus marqués et de pots d’échappement intégrés au pare-chocs.
De plus, dans l’habitacle, c’est toujours le grand confort, le luxe des matériaux, une excellente insonorisation, un bon dégagement (tant à l’avant qu’à l’arrière) et des commandes simples à apprivoiser – on est loin de la complexité des allemandes.
Bref, rien à redire de ce côté… et tout à encenser côté prix, à l’égard duquel la Genesis, malgré une augmentation de ses étiquettes (2 000 $ de plus que le prix de base de 2009) n’a toujours pas son pareil. Mais ça, c’est en autant qu’on soit prêt à accepter une expérience de conduite qui ne fait pas un pli sur… la bedaine de mononcle.
On attend toujours…
On attend encore quelques technologies d’avant-garde dans la Hyundai Genesis. Si le régulateur de vitesse intelligent s’est amené l’an dernier, la berline coréenne n’a toujours pas droit au système de pré-collision ou, plus simplement, à la traction intégrale. La Genesis reçoit bien, cette année, le détecteur de changement de voie, mais ce dispositif est franchement détestable, et ce, peu importe la marque ou le modèle. On aurait dû se concentrer, par exemple, sur l’avertisseur d’angle mort. Un jour, promet Hyundai, et pas que pour la Genesis.
Le pour et le contre
POUR
- Excellent rapport qualité-prix
- Silhouette racée
- Bon dégagement intérieur, grand confort
- V6 de très bonne puissance – le V8 l’est (inutilement) encore plus
CONTRE
- Toujours pas de traction intégrale
- Certaines technologies d’avant-garde encore absentes
- Pas le comportement sportif annoncé
- Banquette qui ne se rabat pas