Soutenez

La Volt : un choc électrique pour GM?

GM produira la Volt! Mine de rien, cette annonce du fabricant est peut-être la plus grande nouvelle automobile de la décennie – voire du siècle.

GM a profité du jour de son 100e anniversaire, mardi dernier, pour révéler ce qui était devenu un secret de Polichinelle : la Chevrolet Volt sera commercialisée, et ce, dès la fin 2010.

La Volt, c’est ce prototype électrique dévoilé au salon de Détroit en janvier 2007 qui, depuis, a tant fait parler de lui. Non pas pour son style aux lignes profilées et tranchantes, mais pour sa technologie environnementale.

Pour résumer simplement, la Che­vrolet Volt est une hybride à l’envers. Au lieu d’être propulsée par un moteur à essence, secondé par un moteur électrique, la voiture est uniquement mue par un moteur électrique (de 150 che­vaux).

En manque d’énergie? Un petit moteur quatre cylindres (1,4 L) puise à même le réservoir de 45 li­tres, non pas pour faire avancer la Volt, mais plutôt pour en actionner le générateur, chargé de renflouer les batteries.

Ces dernières, contrairement à celles des véhicules hybrides actuellement sur le marché, sont rechargeables à même la traditionnelle prise résidentielle. L’opération demande de trois à huit heures, selon qu’il s’agisse d’un courant de 240 ou de 120 volts.

Moins cher qu’un café…
La beauté de tout cela, c’est que la Volt, une fois rechargée, pourra parcourir jusqu’à 65 kilomètres sans jamais avoir recours à une seule goutte d’essence. Et, donc, sans jamais émettre un seul polluant.

Considérant le prix actuel de l’électricité, la Volt acceptera de rouler au quotidien «pour moins cher qu’une tasse de son café préféré», a dit Bob Lutz, grand manitou
de GM.

Besoin d’aller plus loin que 65 kilomètres? Le moteur à combustion est appelé à la rescousse afin de recharger les batteries, pour une autonomie additionnelle d’au moins 400 kilo­mètres.

Pour l’heure, ce moteur carbure à l’essence ou à l’é­thanol. Mais dans une décennie, il pourrait bien carburer à l’hydrogène…

Comparée au prototype Volt 2007, la version de production perd l’allure flambo­yante d’un coupé. Aérody­namisme et procédés de fabrication obligent, le design a été repensé pour se rapprocher beaucoup plus de celui d’une courte Malibu.

L’intérieur a aussi fait table rase des fibres «environnementales» d’abord annoncées pour se rabattre sur un style techno et des plastiques colorés, le tout inspiré du monde des ordinateurs et des iPod.

Une bataille de titans
L’enjeu de cette annonce faite par GM est grand. Que dis-je : il est immense. Jusqu’à ce jour, aucun constructeur automobile d’importance n’a encore commercialisé de véhicule électrique. Si la Volt fait son entrée, tel que promis, chez les concessionnaires Chevrolet en novembre 2010, GM sera le premier à réussir l’exploit.

Et ce, devant Toyota, qui menace le titre de numéro un mondial que GM détient depuis trois quarts de siècle. Ce même Toyota qui propose des hybrides depuis le nouveau millénaire et qui est actuellement à concocter une version «branchée» de sa Prius.

C’est une bataille de titans qui se prépare. Et si GM la remporte, comme il l’espère, ça voudra dire un blason redoré et une recharge d’é­nergie bien nécessaire. En effet, en ce début, pour lui, d’un deuxième siècle d’affaires, les grands titres mettent plutôt l’accent sur ses difficultés financières, ses ventes en chute libre, sa décision de ne plus proposer la location…

Si le pari est tenu, la Volt pourrait bien devenir l’emblème tant attendu
du succès retrouvé pour GM.

Et peut-être que dans quel­ques années, un producteur lancera un autre documentaire télévisé, cette fois sur «Comment GM a-t-il ressuscité la voiture électrique?»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.