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Fin des signaux analogiques: la télé à l'ère du numérique

Fini, la neige ou les ombres dans les écrans de télévision. L’ère du nu­mérique a sonné. À partir du 31 août, les télédiffuseurs ne pourront plus émettre de signaux analogiques pour transmettre leur programmation, a décidé le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en 2007.

Ils devront se tourner vers le numérique. Cette décision vise les marchés de 300 000 habitants et plus, à quelques exceptions près.

«C’est un phénomène planétaire», a dit le porte-parole du CRTC, Denis Carmel. Les télédiffuseurs américains ont mis fin à leur signal analogique en 2009. En Europe, l’Allemagne, la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède sont entre autres dans un état de «switch-off analogique».

Si le CRTC a entrepris de mettre fin aux signaux analogiques des télédiffuseurs, c’est qu’il voulait libérer le spectre analogique. L’espace rendu vacant sera désormais réservé aux entreprises de téléphonie cellulaire et aux communications de sécurité publi­que.

«Le signal numérique offre plus d’options et il occupe moins d’espace dans le spectre analogique», a expliqué le directeur de la politique sur la distribution et l’accès de Patrimoine Canada, Chaouki Dakdouki. Ce dernier rapporte en outre que l’image et le son sont de meilleure qualité avec les signaux numérique.

Au Canada, la conversion de la télévision au numérique affectera environ 7 % de la population – soit à peu près 850 000 ménages – qui n’est pas abonnée à un service de distribution par câble ou par satellite. Ces personnes devront munir leur téléviseur d’un décodeur numérique si l’appareil ne fait partie de la génération haute définition, ou s’abonner à un service de télévision par câble ou par satellite.

Contrairement aux États-Unis, aucune aide financière n’est accordée aux ménages canadiens à faibles revenus. «On a jugé que ce n’était pas nécessaire parce que le préavis était long, que peu de gens en auraient besoin et que le prix des appareils est relativement minime», a expliqué M. Carmel.

Quelques exceptions
Radio-Canada a obtenu un sursis d’un an du CRTC pour convertir le signal au numé­rique de sa chaîne CBC. À Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Chicoutimi ainsi que dans six autres marchés du Canada, la société d’État pourra continuer d’émettre un signal analogique.

D’autres télédif­fuseurs ont obtenu des répits de deux mois. Quebecor Médias tardera à modifier le signal de Sun News à Toronto et de TVA à Chicoutimi. V Télé a également obtenu un délai dans les marchés de Gatineau, Rouyn-Noranda et Val-d’Or. Le Canal Savoir pourra aussi continuer d’être diffusé à Montréal en analogique.

La fin des oreilles de lapin? Pas tout à fait

Au lendemain du 31 août, Éric Paré s’attend à ce que son téléphone ne dérougisse pas. «Je m’attends à répondre à des gens en panique», lance cet homme qui aide les mé­nages à capter les si­gnaux numéri­ques des télédiffuseurs sans abonnement à la câblodistribution ou à un service de télé satellite.

Déjà au début du mois d’août, il observait une augmentation de l’achalandage sur son site internet. Propriétaire de l’entreprise TVHD Montréal, M. Paré est en mesure de déterminer le potentiel de réception de chaque résidence à l’aide d’une antenne. Au plus 21 chaînes peuvent être captées gratuitement dans la région de Montréal.

Au fil de ses consultations, l’homme d’affaires s’est ren­du compte que les résidences situées à l’ouest du mont Royal sont désavantagées. La plupart des télédiffuseurs ont installé leur antenne sur la montagne, située au cœur de la métropole.

Toutefois, Télé-Québec a opté pour le mât du Stade olympique, alors que V Télé a choisi un bâtiment situé près du parc La Fontaine. Comme les murs de béton, le mont Royal est un obstacle pour les ondes, a indiqué Éric Paré, qui croit que tous les télédiffuseurs auraient dû choisir le même endroit.

«Les antennes de réception sont plutôt directionnelles, explique-t-il. Donc, il faut orienter l’antenne dans la bonne direction pour capter un signal de bonne qualité. Avec des canaux de part et d’autre de la ville, le zapping devient plus compliqué. Si on change de station, il faut se lever et changer l’orientation de l’antenne. Et si l‘antenne est à l’extérieur, il faut avoir un rotateur pour la faire tourner dans la bonne direction. C’est agaçant.»

Malgré tout, avec des équipements de qualité, il sera possible d’amplifier la réception des signaux. Les Montréalais de l’Ouest-de-l’Île pourront ainsi tenter de capter les signaux numériques qu’émettront V Télé et Télé-Québec à partir du mont Orford, à Sherbrooke. Ils devront toutefois s’attendre à débourser quelques centaines de dollars.

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