Un espiogiciel vendu en toute légalité?
Un tribunal américain vient de lever cette
semaine une injonction afin de permettre à une entreprise qui a conçu
un espiogiciel de le vendre librement pendant encore plusieurs mois.
Le logiciel, RemoteSpy, est un enregistreur de frappes (Keylogger) qui permet de colliger à distance des informations sur ce que fait un utilisateur sur son ordinateur.
Selon CyberSpy, l’entreprise qui a conçu RemoteSpy, le logiciel peut
être utilisé par des parents afin de savoir ce que font leurs enfants
lorsqu’ils naviguent sur Internet.
La Commission fédérale du Commerce, une agence du gouvernement
américain, a porté plainte en novembre contre CyberSpy, soulignant que
l’entreprise donnait des instructions aux propriétaires du logiciel
afin de leur permettre d’envoyer RemoteSpy par courriel et de le «
déguiser » en simple fichier d’image.
Les avocats de la Commission ont demandé au juge d’imposer une
injonction contre CyberSpy afin de bloquer les ventes de l’espiogiciel
jusqu’à ce qu’il rende son jugement sur la légalité de l’entreprise,
vers le mois de juin 2009.
Bien que le juge se sente interpellé par la protection de la vie
privée, il a déclaré qu’il se devait de lever l’injonction contre
CyberSpy puisque l’entreprise se conforme maintenant à la loi en ayant
retiré les controversées instructions de son manuel d’utilisateur.
Précisons que CyberSpy est dirigée par une seule personne, Tracer R.
Spence. Son logiciel se vend 90 dollars et environ 11 000 utilisateurs
disposent d’une licence d’exploitation.