Rapport: des Canadiens mettent à jour un vaste réseau mondial de cyberespionnage
Des chercheurs de l’Institut
Munk d’études internationales, associé à l’université de Toronto, ont
découvert l’existence de l’une des plus importantes organisations
internationales de cyberespionnage au monde, qui aurait ses racines en
Chine. Ce vaste réseau serait parvenu à outrepasser les défenses
virtuelles de plusieurs gouvernements et de diverses organisations.
Les pirates auraient attaqué les serveurs de
plusieurs douzaines de pays et d’organisations, dans le but de pirater
des ordinateurs éparpillés partout dans le monde, rapporte de Globe and Mail.
Par exemple, les données secrètes volées concernaient le financement de
projets militaires indiens (missiles) et des demandes de visas par des
Canadiens, tandis que d’autres provenaient des ordinateurs personnels
du Dalaï-Lama (fortement dénoncé par les autorités chinoises).
D’après le rapport «Shadows in the Cloud»
déposé aujourd’hui, les espions virtuels auraient mis la main sur
différents types de documents confidentiels grâce à l’établissement
d’un énorme réseau d’ordinateurs zombies infectant principalement les
ambassades indiennes – situées au Nigéria, à Dubai, Kaboul et Moscou -,
et contrôlé par le biais de serveurs basés en Chine.
En Amérique, quelques ordinateurs des universités Western Ontario
(Canada), de New York et de Kaunas (É-U) auraient été intégrés dans ce
réseau zombie et auraient possiblement été utilisés pour espionner,
indique le quotidien canadien.
Toutefois, les chercheurs font très attention de ne pas directement
incriminer le gouvernement chinois dans cette affaire. L’année passée,
ce gouvernement avait fermement nié toute implication dans GhostNet. Ce
dernier représente un réseau zombie intégrant 1 300 ordinateurs
corrompus, mis à jour par les mêmes chercheurs, situés dans une
centaine de pays et liés à des serveurs chinois.
Une nouvelle ère d’espionnage virtuel
Tous s’accordent pour dire que la découverte d’un tel réseau de
renseignement nous fait entrer dans une nouvelle ère d’espionnage en
ligne. Si l’on considère la nature des informations subtilisées, il
paraît évident pour les chercheurs qu’elles peuvent être revendues à
des États ou à des pays dissidents. Les questions que se posent
actuellement les chercheurs sont «Quels sont les acheteurs? Ce piratage
était-il commandité?»
Deux firmes de sécurité ont participé à l’enquête canadienne sur ce
réseau de cyberespionnage mondial: la Canadienne SecDev Group (Ottawa)
et l’Américaine Shadowserver Fondation.
Les chercheurs déplorent que le Canada n’ait toujours pas clairement
établi de stratégie de cybersécurité nationale ni de politique sur le
cyberespace, même si le gouvernement en fait la promesse depuis
quelques années.