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Médecine regénérative: les scientifiques à deux pas d'imprimer des tissus humains

Une équipe de chercheurs de
la start-up Organovo, située à San Diego aux États-Unis, a développé
une technologie révolutionnaire qui permettra aux médecins d’imprimer
des tissus humains à partir des cellules d’un patient.

À l’aide d’une imprimante 3D spécialement
conçue, les médecins espèrent pouvoir produire des tissus de
remplacement en se basant sur un échantillon de tissus adipeux
(cellules graisseuses) ou de moelle épinière prélevé sur un patient.
Cette technologie est connue sous le nom de «bioimprimerie»
(bioprinting).

Dans un premier temps, la bioimprimerie se limitera à la conception
de petites surfaces de tissu ou à la création de nouveaux vaisseaux
sanguins. Par exemple, un patient pourrait faire remplacer la section
endommagée d’un nerf par sa version imprimée.

Cependant, la technologie d’Organovo
est encore loin de pouvoir imprimer un organe complet comme un foie ou
un cÅ“ur. La principale difficulté est de reconstruire le système
sanguin complet d’un organe pour qu’il se fasse convenablement irriguer
et oxygéner.

Les organes sont d’abord «pixélisés»
La technologie d’Organovo exige de créer une représentation
numérique, divisée en pixels, du modèle de tissu humain à imprimer.
Ceci permet aux scientifiques de déterminer quels types de cellules
correspondent à chaque pixel. Ces cellules sont ensuite cultivées
jusqu’à l’obtention d’agrégats cellulaires.

La «bioencre» utilisée par l’imprimante 3D – fabriquée par la firme australienne Invetech
pour Organovo – est entièrement constituée de ces agrégats cellulaires.
La bioencre est étendue sur une matrice spécifiquement conçue et en
suivant une trajectoire très précise. Pour que la manipulation soit une
réussite, les petits groupes de cellules doivent fusionner les uns aux
autres pour obtenir un tissu complet et viable.

Organovo affirme que lorsque les groupes de cellules sont à
proximité et dans la bonne orientation, leur code génétique guide leur
comportement et les font se fusionner en 24 heures. Les cellules
réagissent donc de la même façon que si elles étaient dans un corps
humain.

Une telle technologie sera certainement bénéfique aux patients, car
elle se base sur leurs cellules. Le système immunitaire du patient ne
ferait pas la différence entre ses propres cellules et les cellules
imprimées. Les risques de rejet sont donc écartés et le recours à une
médication pour supprimer l’immunité du patient devient donc
facultatif.

Néanmoins, le secteur médical devra s’armer de patience avant de
tirer profit de la technologie d’Organovo. Le PDG de l’entreprise
indique qu’elle ne sera pas commercialisable avant au moins quatre ans,
sans compter les années d’attente pour la faire approuver par le
gouvernement. Cette technologie est actuellement en phase d’essai
clinique.

D’autres scientifiques travaillent sur des projets similaires à
celui d’Organovo. Cette vidéo présente la technologie élaborée par
Anthony Atala, de l’université Wake Forest.

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