UFC: Le visage de la violence
Le buzz de la fin de semaine était sans aucun doute la victoire controversée de Georges St-Pierre lors de l’évènement principal du UFC 167, samedi soir à Las Vegas.
Depuis l’avènement de la première saison de The Ultimate Fighter, en 2005, l’UFC est devenu un monstre télévisuel et possiblement le sport-spectacle le plus populaire de la planète, quelques jets de pierre devant la lutte professionnelle qui s’appuie plus sur le spectacle que sur le sport afin de rallier les plus jeunes à sa cause.
Au cœur de l’expansion d’un sport sur mesure pour le 21e siècle, Georges St-Pierre, de Saint-Isidore, avec son anglais approximatif et son charme indéniable. Pour une compagnie à la recherche d’une image de marque attrayante au grand public, St-Pierre était un cadeau des dieux.
Georges St-Pierre, ou GSP pour les initiés, est l’ambassadeur idéal. D’ailleurs, le Québécois s’est drôlement enrichi depuis qu’il a mis la patte sur la ceinture de champion mi-moyen de l’organisation. Un échange de service équitable en surface: GSP gagne sa vie en pratiquant un sport qui le passionne et l’UFC renfloue ses coffres grâces à la portée d’un représentant sans faille ou presque.
Mais le visage tuméfié du champion hante encore les partisans et ses propos, truffés d’incohérence, révèlent des questions d’éthique que l’on pousse souvent sous le tapis au profit du divertissement.
Est-ce que la violence mérite d’être présentée ainsi, sur une scène, ou devrait-on plutôt tenter de la refouler au rang des instincts primitifs desquels on souhaite prendre une distance en tant que société civilisée et évoluée?
La question est loin d’être simple et les réponses vont dans tous les sens. Certains déplorent les conséquences de la violence tout en appréciant le spectacle. D’autres se désolent de l’étalage navrant d’hémoglobine. Sans parler des enthousiastes purs et durs qui défendront le sport malgré tous ses dangers.
Qu’on soit fan ou non, l’UFC est un spectacle télévisuel incontournable et GSP, «notre» champion, inspire l’imaginaire collectif.
Personnellement, je suis un amateur du sport et des sports de combat en général. Par contre, l’aspect spectacle de la chose me désole un brin dans la mesure où la grande portée trouvera certainement un public moins réceptif à la démonstration et, de ce fait, plus enclin à alimenter une violence négative par la suite.
Car la ligne est mince quand on parle de violence.
Vous en pensez quoi de ce spectacle? Désolant ou nécessaire?