Violence au hockey mineur: des poursuites au plus haut niveau
La mère d’un joueur de hockey fautif et quatre organisations responsables du hockey mineur au pays sont poursuivies pour coups et violence.
C’est l’avocat Jean-Pierre Ménard qui mènera le dossier. Il demande 370 000$ pour son client, Alexis Turcotte, blessé lors d’un match en 2010, alors qu’il avait 11 ans. Il subit encore les contrecoups du traumatisme crânien qu’il a subi.
Son adversaire, qui lui avait notamment asséné un coup de bâton au visage (plus précisément sur la grille de son casque), n’avait pourtant écopé que de deux minutes de punition. Lors des matchs de niveau Pee-Wee CC, les contacts sont autorisés, mais pas les mises en échec ni les coups de bâton. Le règlement prévoit que de tels gestes peuvent aller jusqu’à la suspension.
«Les gestes posés dépassaient nettement les règles et le rapport d’incident est très clair là-dessus. Pourtant aucune des organisations concernées n’a cru bon poser de gestes supplémentaires. Cette tolérance est un encouragement à continuer ce genre de pratique», a déclaré mercredi en conférence de presse, Me Ménard.
À la mère du jeune joueur fautif, la poursuite reproche d’avoir «négligemment permis, toléré et encouragé l’utilisation de gestes violents durant les parties de hockey». Une pratique régulièrement dénoncée par certains parents.
«Ce qu’on entend dans les estrades, c’est atroce. On cible les meilleurs et on demande clairement aux enfants de s’en prendre à eux», selon la mère d’Alexis, Annie Turcotte.
Si Me Ménard est conscient que les dommages et intérêts demandés sont non négligeables, il explique que les séquelles subies par le jeune joueur restent importantes et qu’elles hypothèquent son avenir sportif tout en rendant son parcours scolaire difficile.
«Trois ans plus tard, j’ai encore mal à la tête après une heure d’étude le soir», note Alexis Turcotte, qui a dû définitivement abandonner son rêve de devenir joueur de hockey professionnel après une deuxième commotion la saison suivante. Il a aussi connu deux années scolaires très difficiles où il ne pouvait étudier à plein temps. De bon élève avant l’incident, il est aujourd’hui un élève en rattrapage.
Aucune des parties impliquées n’a retourné nos appels.
À quel point est-il incapable d’absorber des chocs? La question se pose, car le jeune homme figure en bonne place sur la photo de l’équipe de hockey 2013-2014 de son école secondaire actuelle, le Mont Bleu, à Gatineau. Au cabinet de Me Ménard, on répond qu’Alexis Turcotte «joue encore, mais dans le Réseau du sport étudiant du Québec, où l’on joue sans contact».
La requête lancée lundi par Me Ménard se fait dans un contexte particulier. En effet, dix anciens joueurs ont déposé lundi une plainte contre la Ligue nationale de hockey. Ils reprochent à la LNH son manque d’effort pour protéger les joueurs contre les commotions cérébrales, en refusant d’interdire les bagarres et les mises en échec.
Avec la collaboration de Yannick Boursier – TC-Média