Le retour des Expos viable avec un nouveau stade
Le retour des Expos à Montréal serait «financièrement viable» si un nouveau stade est construit au centre-ville et si une équipe du baseball majeur déménage dans la métropole.
C’est ce que conclut l’étude de faisabilité de la firme Ernst & Young commandée par Projet Baseball Montréal (PBM) et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui a été rendue publique, jeudi.
«Les travaux ont été faits avec rigueur et sans hypothèse complaisante», a souligné le président de la chambre de commerce, Michel Leblanc.
Le projet est évalué à 1,025G$. Ce montant couvre l’achat d’une équipe de baseball majeur et la construction d’un stade.
D’après l’étude, les différents gouvernements seraient appelés à allonger environ 335M$ pour financer en partie le nouveau stade. Ils récupèreraient leurs investissements sur une période de huit ans grâce aux taxes et aux impôts.
Les propriétaires devraient de leur côté fournir près de 690M$ pour compléter le financement du stade et acheter l’équipe de baseball majeur. Le stade serait de propriété publique, mais son entretien et son exploitation seraient aux frais des propriétaires.
«Le modèle financier amène des revenus financiers nettement plus élevés qu’à l’époque», a dit M. Leblanc. Les propriétaires pourraient notamment s’attendre à recevoir des droits de diffusion oscillant entre 75 et 100M$ par année, ainsi qu’au moins 20M$ grâce au partage des revenus de la Ligue majeure de baseball.
L’étude de faisabilité prévoit aussi que 60% des billets vendus seront en fait des passes de saison et que jusqu’à 78% des laissez-passer trouveront preneurs, en moyenne, à chaque partie.
Un stade à ciel ouvert privilégié
Si une équipe de baseball majeur revient à Montréal, un stade à ciel ouvert devrait être construit au centre-ville, recommande l’étude de faisabilité.
«Un toit rétractable nuirait à la viabilité financière du projet», explique l’associé directeur pour le Québec chez EY, Sylvain Vincent. Il a indiqué que les coûts supplémentaires oscilleraient entre 150 et 180M$ si le stade était couvert d’un toit amovible.
La construction du nouveau stade coûterait près de 500M$. La facture serait assumée aux deux tiers par les gouvernements et le restant par le privé, propose l’étude de faisabilité. Il comporterait 36 000 sièges ainsi que 60 loges. Le prix moyen d’un billet s’élèverait à 29,57$.
Trois emplacements sont sérieusement envisagés pour accueillir ce stade. L’un appartient à la Ville de Montréal et se trouve près de l’autoroute Bonaventure. Projet Montréal a d’ailleurs proposé ce site lors de la campagne électorale. Un autre est la propriété du gouvernement fédéral et se situe au Bassin Wellington. Le dernier suppose que l’Hôpital de Montréal pour enfants sera détruit, ce qui libérera un espace.
L’équipe de baseball, qui occupera ce futur stade, devrait en être une qui déménage à Montréal, et non une qui ferait l’objet d’une expansion de la Ligue majeure de baseball, a précisé l’étude.
Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a indiqué qu’une équipe de la Ligue américaine est privilégiée, avant tout pour le plaisir, mais aussi pour l’engouement que cela pourrait susciter auprès des partisans et des touristes. «L’équipe de Montréal jouerait contre Toronto, les Yankees de New York, les Red Sox de Boston, a-t-il dit. On s’attendrait à des rivalités naturelles.»
Le maire Coderre heureux
Le maire de Montréal, Denis Coderre, est ravi des conclusions de l’étude de faisabilité sur le retour du baseball majeur à Montréal.
«Je vois cela d’un bon œil parce que je suis pour le retour du baseball à Montréal», a-t-il déclaré. Il n’a pas voulu s’avancer sur ce que pourrait être la contribution de la Ville au projet, jugeant qu’il est trop tôt pour engager des denier publics. Il veut d’abord rencontrer le milieu des affaires à ce sujet.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a aussi apprécié la proposition de Projet Baseball Montréal et de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Selon lui, l’apport de la Ville au projet devrait se limiter à fournir un terrain pour le futur stade au centre-ville.
Le gouvernement du Québec n’a pas voulu réagir aux conclusions de l’étude de faisabilité. Il veut d’abord l’étudier attentivement.