Kovalev stoppe Pascal au huitième round
MONTRÉAL – Jean Pascal a tout donné, mais il s’est fait servir une leçon de boxe par le Russe Sergey Kovalev, qui est reparti avec ses ceintures WBA, WBO et IBF des mi-lourds quand l’arbitre Luis Pabon a stoppé le combat d’unification à 1:03 du huitième round.
Après avoir été ébranlé dans le coin, Pascal (29-3-1, 17 K.-O.) croyait avoir envoyé Kovalev (27-0-1, 24 K.-O.) au tapis, mais ce dernier avait plutôt glissé.
Dans le mauvais coin pendant l’intervention de l’arbitre, Pascal a failli tomber de lui-même quand il a tenté de regagner le coin neutre. Ça n’a pas échappé à l’oeil du champion, qui a asséné deux solides droites à la tempe de Pascal à la reprise des hostilités, avant que Pabon ne s’interpose.
«Je ne sais pas pourquoi il a arrêté le combat, a protesté Pascal, qui s’est présenté devant les médias portant des verres fumés, le visage tuméfié. C’est toujours ce que je fais. Je laisse mes adversaires me frapper et je réplique avec une contre-attaque. Je n’ai jamais été dans le pétrin.»
Pascal prétend — certains angles de caméra semblent lui donner raison — qu’il a été touché par le bras de l’entraîneur John David Jackson, qui tentait d’éponger l’eau dans le coin.
«Peut-être l’arbitre a-t-il vu cela et a pensé que j’étais ébranlé. Peut-être avait-il déjà en tête d’arrêter le combat pour quelque chose qui s’est passé plus tôt dans ce round. Je ne sais pas.
«C’est sûr que ce n’est pas le résultat souhaité. Parfois on est en difficultés, mais tu donnes des coups et tu te sors d’ennuis. J’allais revenir.»
«Il y a deux aspects à mon travail: mon rôle premier, c’est de veiller à la santé de mes boxeurs, a noté Marc Ramsey, l’entraîneur de Pascal. De voir nos boxeurs impliqués dans un guerre comme on a vu (samedi), c’est difficile pour un entraîneur.
«En même temps, je connais bien Jean, je l’ai déjà vu dans ce genre de situations dans le passé, où il laisse un peu l’adversaire frapper et revient en contre-attaque. Mais c’est la décision de l’arbitre et on se doit de la respecter.»
Quant à Kovalev, s’il a admis avoir livré un combat difficile, il n’a pas été tendre à l’endroit de Pascal.
«C’est seulement une grande gueule. Il n’a pas été en mesure d’appuyer ses déclarations des derniers jours, a-t-il dit. Oui, ça a été un combat difficile, mais tous les combats le sont. Il a du punch, mais je n’ai jamais été ébranlé par ses coups.»
À sens unique
Kovalev a largement dominé cet affrontement. Quand le combat a été arrêté, La Presse Canadienne l’avait en avance 69-63 sur sa carte, tandis que les trois juges avaient des pointages identiques de 68-64.
Au premier, Pascal a amorcé le duel plutôt lentement, laissant toute la place au Russe. Si le Québécois a mieux terminé l’assaut, il était trop tard pour engranger le point de plus.
Même scénario au deuxième, au cours duquel Kovalev a dicté le ton.
«On a encaissé un peu trop de jabs en début de combat, a indiqué Roy Jones fils, qui fait partie de l’équipe Pascal. Jean sait qu’il aurait pu bloquer ces coups, mais ça faisait partie de sa stratégie de l’attirer. Parfois, on se fait prendre à notre propre jeu.»
Pascal s’est un peu réchauffé au troisième, mais les ouvertures créées par ses attaques — qui ont davantage touché la cible — ont laissé beaucoup d’espace pour les répliques de Kovalev. Résultat, l’aspirant s’est retrouvé dans le pétrin dans le coin. Un solide crochet de droite l’a envoyé dans les câbles, le premier compte de huit de sa carrière.
Kovalev a poursuivi la pression au quatrième et après que Pascal ait eu le dessus au cinquième, Kovalev a dominé les sixième et septième, Pascal étant même sauvé par la cloche dans ce dernier, ébranlé par un bon crochet de gauche à la tempe.
Pascal, aspirant no 6 de la WBA, no 5 de l’IBF et no 1 de la WBO, a repris du poil de la bête et connu ses meilleurs moments au cinquième, mais le Russe a rapidement repris le dessus avant de fermer les livres pour devenir le premier boxeur à stopper Pascal avant la limite.
Un revanche?
Pascal souhaiterait bien obtenir une revanche le plus rapidement possible, un combat que HBO achèterait demain matin, aux dires de son vice-président programmation, Peter Nelson. Mais il appert que le clan Kovalev a d’autres plans.
Kovalev compte livrer sa défense obligatoire de son titre IBF contre Nadjib Mohammedi avant de défier Adonis Stevenson.
«Mon objectif est d’avoir les quatre ceintures», a déclaré le Russe.
«Les objectifs peuvent changer en cours de route», a répondu Jean Bédard, président d’InterBox, qui ne connaissait pas le chiffre exacte de l’assistance.