Panam: Il n'y a pas que les Dufour-Lapointe
TORONTO – Parmi les athlètes québécois de haut niveau sur la scène internationale qui partagent une relation fraternelle, il y a bien sûr les soeurs Dufour-Lapointe, mais elles ne sont pas les seules. Les Jeux panaméricains de Toronto ont d’ailleurs servi à le rappeler ces dernières semaines.
Christopher et Nathalie Iliesco se sont distingués plus tôt cette semaine en taekwondo en terminant cinquièmes chez les moins de 80 kg et les plus de 67 kg, respectivement.
La cadette de la famille Iliesco s’est initiée à cet art martial dès l’âge de 4 ans. Son père Serge a toujours aimé cette discipline, lui qui détient une ceinture noire en judo et en taekwondo. Après l’initiation de son frère, elle a voulu faire comme lui et a décidé d’essayer le sport.
D’ailleurs, la Montréalaise, qui habite le quartier Ahuntsic-Cartierville, dit à qui veut l’entendre qu’elle aime bien consulter son frère aîné à l’occasion pour obtenir des conseils — même si la distance les sépare depuis que Christopher a déménagé à Québec.
«C’est ‘cool’ d’aller aux Panam tous les deux pour la première fois!, s’est exclamée Iliesco, qui est âgée de 24 ans. Quand j’ai la chance, je vais le visiter à Québec pour m’entraîner avec son groupe. On aime bien s’échanger des conseils et s’appuyer.»
Nathalie et son frère ont pu se rapprocher récemment à cause de leur sélection au sein de l’équipe canadienne présente dans la Ville reine. Une opportunité qui a semblé plaire à Christopher.
«Dernièrement, on voyage davantage ensemble parce qu’on fait partie de l’équipe canadienne de taekwondo, a indiqué Iliesco. Mais même à l’extérieur des compétitions, on s’arrange pour garder contact. Elle habite à Montréal, donc elle vient faire son tour les samedis, ce qui me permet de garder contact avec elle. Et parfois c’est moi qui descend à Montréal, donc on passe des soirées ensemble.»
Christopher reconnaît en ce sens que sa soeur et lui sont privilégiés de pouvoir partager des liens encore plus forts que ceux de l’amitié entre coéquipiers — ceux du sang. Ainsi, quand un des deux taekwondoïstes québécois traverse une phase plus difficile, l’autre est souvent là pour l’encourager.
«L’entraide, c’est très important. On est toujours là pour s’encourager mutuellement, et honnêtement je suis sûrement plus stressé qu’elle lorsque je la regarde combattre», dit l’athlète de 26 ans en riant.
Fournel aussi peut compter sur son frère
La famille Fournel a aussi défrayé les manchettes à Toronto dès les premiers jours des jeux.
Les Montréalais Émilie et Hugues Fournel ont grandi dans une famille où le canoë-kayak était à l’honneur. L’aînée s’est notamment illustrée en décrochant la première médaille d’or canadienne des Jeux panaméricains, au K-4 500m.
Hugues, qui est âgé de 26 ans, n’a pas eu autant de chance que sa soeur puisqu’il n’a pas été retenu cette fois-ci par l’équipe canadienne. Qu’à cela ne tienne, il était là, près du bassin, pour assister au triomphe d’Émilie.
La kayakiste de 28 ans considère d’ailleurs le fait de voyager avec son frère, qui se spécialise dans le K-2 200m et 1000m, comme une véritable bénédiction, même si parfois l’orage éclate — comme dans toute bonne relation fraternelle.
«On se chicane parfois, c’est sûr, mais c’est vraiment un privilège de voyager ensemble, confie-t-elle. Une fois, en Coupe du monde, Hughes avait oublié ses barres énergisantes, mais comme j’en mets toujours une supplémentaire dans mon sac pour lui, alors tout s’est réglé très rapidement. Et quand c’est moi qui stresse, alors il fait des blagues et détend l’atmosphère.
«Donc, de pouvoir voyager comme ça, avec mon frère, c’est comme si tu voyageais avec une partie de chez vous, poursuit-elle. Parfois, les entraînements deviennent durs et tu n’as pas toujours le goût de parler avec tes coéquipiers ou tes entraîneurs. Alors je peux m’asseoir avec mon frère et lui dire tout ce qui me passe par la tête. On a vraiment une belle complicité.»
Ce n’était toutefois pas la première fois que les deux athlètes vivaient une expérience sportive de cette envergure ensemble, rappelle Émilie.
«On a eu l’opportunité d’aller aux Jeux olympiques ensemble en 2012, et comme on vient du Québec et qu’on ne peut s’entraîner ici en hiver, ça fait qu’on passe beaucoup de temps à l’extérieur du pays, en voyage», résume-t-elle.