Soutenez

Paradelo, la solution aux problèmes d'instabilité?

Alexandre Geoffrion-McInnis - La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Lors de son embauche, David Paradelo est devenu le troisième entraîneur-chef de l’équipe nationale féminine en seulement 10 mois. Pas exactement l’idéal lorsqu’on tente d’éviter qu’un bateau qui prend l’eau ne coule.

Le Montréalais de 30 ans, qui a oeuvré au sein du club CAMO de Montréal pendant neuf ans, n’a disposé que de six mois pour préparer ses joueuses au tournoi de qualifications olympiques du week-end dernier. Aussi bien dire qu’il était trop tard.

«C’est difficile pour les athlètes de changer aussi rapidement leur fusil d’épaule, a-t-il convenu. Je pense qu’à travers les trois dernières années, certaines choses ont été bien faites, et c’est là-dessus qu’on a tenté de miser. Nous n’avons pas eu le temps d’implanter ce que Justin (Oliveira) et moi voulions faire, alors nous avons adopté un système hybride.»

Conscientes du défi de taille qui se dressait devant elles, les joueuses elles-mêmes ont admis que les derniers mois n’avaient pas été de tout repos.

«Ce n’est jamais évident, et les nombreux changements à la direction de l’équipe ont de toute évidence causé beaucoup d’instabilité dans notre programme, a mentionné Christine Robinson, la ‘grand-mère’ de l’équipe canadienne à 31 ans. C’était difficile, parce que chaque entraîneur prône une philosophie différente. En conséquence, chaque fois qu’un nouvel entraîneur arrivait, nous devions nous adapter à ses stratégies et à son style de jeu.»

Afin d’atténuer l’impact, Paradelo a expliqué avoir fait un compromis avec les styles de ses prédécesseurs — Guy Baker et Johanne Bégin — et tenté de calquer le style prôné par des puissances mondiales telles que les États-Unis et l’Australie.

«On a surtout réglé des aspects qui étaient un peu moins couverts, surtout la contre-attaque, a-t-il indiqué. Ça prend du temps pour implanter un nouveau système de contre-attaque, mais je crois que c’est la clé pour qu’une équipe se hisse parmi les meilleures au monde. On n’a qu’à regarder les États-Unis et l’Australie, qui possèdent les deux meilleures contre-attaques au monde en ce moment. Il y avait beaucoup à faire.»

En trame de fond de ces nombreux changements à la direction se trouvait une crise au sein même de l’équipe. D’ailleurs, à la démission de Bégin, le directeur général de Water-Polo Canada, Martin Goulet, avait reconnu que des tensions existaient entre certaines joueuses et la direction. Paradelo, au fait de la situation, en a fait sa priorité.

«C’était la première fois que j’étais confronté à un tel enjeu; cet aspect était le moindre de mes soucis dans mes anciennes équipes, a-t-il dit. On a travaillé avec la préparatrice mentale Véronique Richard, qui a ramené l’équipe dans le droit chemin.»

Alogbo, qui s’est retrouvée au coeur de la tourmente en raison de son rôle de capitaine de l’équipe, a observé des changements dès l’embauche de Paradelo.

«Je pense que David doit recevoir une grosse part du mérite pour avoir ramené le calme dans le vestiaire en apportant une nouvelle énergie dans l’équipe, a-t-elle évoqué. Et c’est aussi le cas pour toute l’équipe qui l’entoure.»

Alors, Paradelo et son adjoint Justin Oliveira sont-ils là pour rester?

«C’est sûr que c’est mon intention, a-t-il confié. Cependant, la décision ne m’appartient pas. Un processus d’embauche sera entrepris en avril. On reste en poste, Justin et moi, jusqu’à la fin de la saison — il reste la Super finale de la Ligue mondiale en Chine au début du mois de juin. Ensuite, il faudrait savoir ce qui s’en vient pour le prochain cycle, ou du moins pour l’an prochain.

«Martin (Goulet) et moi nous sommes parlés lors des qualifications, et il s’est dit satisfait de voir la progression de l’équipe. Évidemment, il était fâché du dénouement du match contre l’Italie, mais d’un point de vue général il semblait optimiste pour le prochain cycle», a-t-il conclu.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.