Pauvreté: le grand écart
Les banques alimenÂtaires nous annoncent que la demande pour de la nourriture a augmenté de 32% à Montréal en trois ans. Le récent rapport du Directeur de la santé publique nous apprend que les personnes aisées demeurent nettement avantagées: près de six années séparent encore l’espérance de vie des hommes pauvres de celle des hommes riches.
Curieusement, l’économiste Pierre Fortin affirme que les écarts demeurent inchangés, puisque depuis 1976, le revenu des plus pauÂvres a augmenté autant en pourcentage que celui des plus riches. Mais Statistique Canada (cité dans mon livre De colère et d’espoir) nous indique que les 20% les plus pauvres ont vu en 10 ans leur revenu augmenter de 1 462$ pendant que les 20% les plus riches encaisseraient 19 420$ de plus.
Nous nous apprêtons à participer à de multiples guignolées. Des entreÂprises font un bon coup de marketing en annonÂçant en grande pompe leurs dons charitables. Mais la majoÂrité des dirigeants éconoÂmiques et politiques se fichent totalement des gens qui survivent avec un maigrissime chèque d’aide sociale, des prestations de chômage ou de vieillesse insuffisanÂtes, un salaire minimum qui ne couvre pas les besoins courants, un emploi précaire. Pendant ce temps, les 50 patrons canadiens les plus riches gagnent 212 fois le salaire moyen canadien. Et l’État diminue leurs impôts. De quoi s’indigner!
Québec solidaire proÂpose des mesures pour éliminer la pauvreté: rehaussement des revenus, services publics vraiment gratuits et accessibles, construction de logements sociaux, soutien à l’éducation de tous les enfants.
On finance cela comment? Par une fiscalité réellement progressive et la hausse des impôts des grandes entreprises (les banques!) et des contribuables aux revenus élevés. Une hausse majeure des redevances minières. La propriété collective de nos ressources énergétiques. Voilà comment rétablir l’égalité des droits et des chances entre les citoyens.
– Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire