À en perdre son latin

Quelle surprise de voir un lecteur parler de «La démocratie en Amérique latine». De pointer du doigt Alvaro Uribe, président de la Colombie, mais de glorifier d’autres dirigeants comme Hugo Chavez, au Venezuela.

Chavez n’est aujourd’hui rien de moins qu’un dictateur pour le peuple vénézuélien, alors qu’il vient de fermer huit banques privées du pays, ce qui fait que certaines personnes n’auront pas accès à leur argent pour plusieurs mois.

Chavez vient de passer une loi stipulant qu’après 18 ans, c’est l’État qui décide du sort des enfants du pays, de leurs entrées et sorties.

Il a changé les lois de son pays pour pouvoir renouveler son mandat en tant que président à vie. Est-ce vraiment à ce genre d’homme politique que «le gouvernement canadien doit accorder son appui»? Un chef qui trempe dans la corruption, soutient l’Iran, prône l’utilisation du pétrole? Il est encore bien trop tôt pour parler de démocratie en Amérique latine.

Avec des indices de transparence de 1,9 à 3,7 sur une possibilité de 10 (mis à part l’Argen­tine), les pays sud-américains sont à des lunes du 8,7 canadien, qui lui non plus n’est pas parfait.

Parallèlement, il faut cesser de s’acharner sur la Colombie et sa mauvaise réputation et reconnaître son grand potentiel touristique. Uribe n’est pas un dirigeant exemplaire, certes – il a lui aussi modifié les règles du jeu politique pour augmenter son pouvoir – mais il a aussi grandement contribué à faire le «ménage» dans les jungles colombiennes où fourmillent les groupes paramilitaires et les champs de coca.

Ainsi, avec l’aide des forces américaines, la Colombie est aujourd’hui bien loin du temps de Pablo Escobar.

Malheureusement, pour réfuter ici encore l’idée d’une réelle démocratie sud-américaine, il faut noter que ces forces paramilitaires restent toutefois plus nombreuses que les soldats de l’armée colombienne…

Isabelle Sauriol, étudiante en journalisme

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