Un Sénat bientôt bleu

Les conservateurs pourraient être majoritaires au Sénat dès janvier. Le cas échéant, l’opposition ne pourra plus compter sur la Chambre haute pour contrer les projets de loi réactionnaires des conservateurs. Elle devra dorénavant mettre ses culottes à la Chambre basse, quitte à aller en élection.

Cela dit, quel représentant du Québec Stephen Harper nommera-t-il? Benoît Bouchard a déjà montré son intérêt dans le passé. Mais l’ancien ministre de Brian Mulroney ne doit pas se faire d’illusion : comme il a participé au Moulin à paroles de septembre dernier, ses chances sont nulles. Pour avoir lu un texte devant un soi-disant rassemblement de séparatistes, le voilà discrédité à jamais aux yeux des fédéralistes purs et durs.

La candidature de l’ex-juge Andrée Ruffo serait envisagée. Si elle est nommée, cela en dira long sur le mépris qu’entretient le premier ministre à l’égard des juges, en particulier ceux du Québec. On se souviendra qu’elle a été réprimandée à quatre reprises par le Conseil de la magistrature. Par la suite, la Cour d’appel, la plus haute cour du Québec, a rendu une décision recommandant au ministre de la Justice de la destituer, estimant que la juge avait entaché la réputation et l’intégrité de la profession. En la nommant, Harper donnerait raison à l’ex-juge et tort à l’ensemble de ses ex-collègues.

Les personnes nommées au Sénat doivent être des citoyens modèles.

Mme Ruffo fait-elle partie de ce club sélect? Je ne le pense pas. Alors qu’elle faisait fausse route, elle s’est entêtée. Elle a bien fini par prendre sa retraite, mais pas avant que sa cause ait coûté des millions en frais juridiques aux Québécois.

En outre, les ressources humaines monopolisées pendant toutes ces années où elle a joué à Doña Quichotte auraient été si utiles ailleurs.

D’aucuns la disent progressiste. Si c’était le cas, elle se tiendrait loin des conservateurs. Progressisme et conservatisme, voilà deux mots antinomiques. Ce n’est pas pour rien que Stephen Harper a fait disparaître le mot «progressiste» du nom du nouveau Parti conservateur. Pas fou, le type!

Sylvio Le Blanc, Montréal

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