Suis-je née en 1976 ou en 2007?
À l’automne 2006, j’ai été affectée par une myocardite qui m’a causé plusieurs troubles du rythme cardiaque. C’était comem si je courais un marathon : mon cÅ“ur ne cessait d’avoir un rythme de 170 et plus, sans arrêt. Avec une fraction d’éjection de 5 %, je ne faisais que survivre. Le 9 mai 2007, on décida de m’intuber pour me transférer aux soins intensifs de l’Institut de cardiologie de Montréal. Je suis devenue prioritaire sur la liste d’attente des dons d’organes. J’étais alors première au Canada.
Le 13 mai 2007, jour de la fête des Mères, à 6 h 30 du matin, on trouva mon cÅ“ur. Pour ma famille qui a dû vivre l’attente, ç’a été comme si je renaissais. Depuis, ce cÅ“ur qui bat en moi n’est pas le mien, mais un héritage. Je sais que j’ai reçu la vie. Je me suis réveillée le 16 mai, greffée, bien vivante, avec un cÅ“ur qui battait normalement.
Depuis ce moment, j’ai comme mission d’être une voix qui parle pour ceux qui sont en attente et font l’impossible, pour qu’ils aient eux aussi la chance de vivre. Toute l’aventure de la greffe m’est tombée dessus sans ménagement. Ce que j’ai vécu est le pire qui puisse survenir dans la vie de quelqu’un : se croire en santé un instant et voir sa vie basculer en une seconde à cause d’un virus.
Pendant que je me battais pour ma vie, des gens que je ne connaissais pas témoignaient à gauche et à droite de mon histoire pour convaincre d’autres gens de signer leur autorisation au prélèvement d’organes vitaux. Bien sûr, pour parler de don d’organes, il faut parler de mort. Ce n’est pas un sujet facile. Mais il est de notre devoir d’y faire face. Il faut faire tomber les tabous. Nous devons en parler en famille, connaître la volonté de chacun et s’y conformer.
J’espère vous avoir touché avec mon témoignage. Essayez d’imaginer que cela vous arrive à vous ou à un membre de votre entourage… Je suis certaine que vous voudriez faire quelque chose. Alors, n’hésitez plus. Dites le DON de vive voix! Merci.
– Véronique Levasseur