Jody Wilson-Raybould rencontre Desmond Tutu
OTTAWA — La ministre de la Justice du Canada Jody Wilson-Raybould a conclu son séjour en Afrique du Sud, samedi, lequel a été l’occasion d’une rencontre avec Desmond Tutu, militant et ancien archevêque reconnu à travers le monde pour s’être opposé à l’apartheid.
M. Tutu a parlé des défis auxquels fait face le Canada afin de se réconcilier avec ses propres peuples autochtones et a souligné que le changement viendrait des jeunes, a relaté Mme Wilson-Raybould au cours d’une entrevue accordée à La Presse canadienne vendredi.
M. Tutu a été à la tête de la Commission de vérité et de réconciliation qui a été mise sur pied en Afrique du Sud après l’abolition de l’apartheid en 1994.
Une commission similaire a pris place au Canada pour documenter les conséquences du système de pensionnats autochtones — un programme géré par l’Église et créé par le gouvernement canadien qui a exposé des enfants autochtones à de nombreux abus physiques et psychologiques ainsi qu’à des agressions sexuelles.
Dans les années 1990, les jeunes d’Afrique du Sud ont permis au changement de s’installer dans leur société, a fait valoir l’ancien archevêque, selon les propos rapportés par Mme Wilson-Raybould.
Le rôle des jeunes est tout aussi important au Canada, a ajouté la ministre de la Justice.
Elle a par ailleurs relevé avoir discuté avec M. Tutu d’une variante d’un des enseignements promulgués par sa grand-mère : «Tout le monde dans notre communauté, dans notre pays, a un rôle à jouer et si vous ne pouvez actualiser votre potentiel, alors notre pays va souffrir.»
Cela passe notamment par un développement de l’éducation et par une élimination de l’ignorance, a poursuivi Mme Wilson-Raybould. La ministre faisait ainsi référence aux propos controversés de la sénatrice conservatrice Lynn Beyak selon lesquels de bonnes choses avaient émané des pensionnats autochtones.
«Nous devons continuer de garder ce chemin pour éduquer les individus sur ce qui s’est produit dans notre pays, parce que c’est factuel», a dit la ministre fédérale.
Mme Wilson-Raybould a aussi rencontré le ministre sud-africain de la Justice, les juges de la cour constitutionnelle et les commissaires en chef de la Commission sud-africaine des droits de la personne.
Le Canada est parmi les pays à avoir élevé leurs voix contre l’apartheid en Afrique du Sud et la Charte des droits et libertés a été un modèle pour la constitution sud-africaine, a souligné la ministre canadienne. Elle a du même coup ajouté que le chemin parcouru par ce pays vers la réconciliation offrait d’importantes leçons au Canada relativement aux relations avec ses Premières nations.