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Trishna: Tess d’Urberville version Bollywood

Photo: Mongrel Media

L’actrice Freida Pinto assume un rôle exigeant dans Trishna, l’adaptation réalisée par Michael Winterbottom du roman de Thomas Hardy Tess of the d’Urbervilles, dont l’action est transposée dans l’Inde contemporaine.

Dans cette troisième relecture cinématographique d’un ouvrage de Hardy que signe Winterbottom, Freida Pinto a été frappée par l’actualité du roman anglais du 19e siècle, mais a aussi trouvé angoissant de tourner sans scénario.

Quand Michael Winterbottom vous a approchée pour ce film, connaissiez-vous déjà le roman de Thomas Hardy?
Oh oui, je connaissais déjà le roman original, mais également certains des films de Michael. Je n’ai pas réfléchi, ç’a été oui dès le début. Il n’a pas eu à me convaincre ou quoi que ce soit, mais nous avons eu une discussion au sujet du film et de la façon dont il comptait le faire au cours d’un déjeuner à Londres. Puis, je lui ai demandé s’il pouvait me faire lire le scénario, ce à quoi il a répondu : «Non, non, il n’y a pas de scénario à proprement parler, mais je vais t’envoyer une analyse et l’idée de base du film.» Quelque temps plus tard, il m’a fait parvenir une sorte de scénario où il était écrit : «Ceci n’est pas un scénario.» (Rires)

Était-ce la première fois que vous travailliez de cette manière?
Oui, et j’ai trouvé ça intéressant parce que je n’avais jamais rien fait de tel. Je me suis dit que ce serait très libérateur, mais en même temps, c’était assez angoissant, car je ne savais absolument pas où tout cela s’en allait. Il y a eu des jours où, sur le plateau, les autres acteurs et moi nous regardions en nous demandant : «Que faisons-nous de bien maintenant?» Mais bon, nous avons fait confiance à l’instinct de notre réalisateur.

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À quel point est-il difficile, pour un acteur, d’improviser dans une langue que le réalisateur ne parle pas?
Oh, comment cela se passe-t-il quand vous devez jouer dans une langue qu’autrement vous ne parlez jamais? Voilà la première question! (Rires) Je ne parlais pas le marwari, qui est un dialecte du Rajasthan. C’est une langue qui m’était étrangère. Je veux dire, je suis de l’Inde, mais nous avons grandi en parlant hindi et anglais. Pour l’hindi, ça allait, puis Michael m’a proposé cet autre défi – jouer en marwari. Ce qui est bien, c’est que Michael n’a jamais compris un mot de ce que je disais.

Il est fascinant de constater à quel point un roman anglais du 19e siècle écrit par Hardy se prête bien à une transposition dans l’Inde contemporaine.
Je trouve cela en effet fascinant, et très intelligent de la part de Michael d’avoir pensé à quelque chose de ce genre, d’avoir dressé un parallèle entre l’Angleterre du 19e siècle et l’Inde du 21e siècle. Les mœurs sexuelles qui prévalaient dans l’Angleterre du 19e siècle et qui étaient si sexistes existent probablement encore au 21e en Inde. Je vous dirai que ç’a été très frustrant à jouer, parce que je ne me suis jamais retrouvée dans ce genre de situation auparavant et que je ne me retrouverai jamais dans ce genre de situation à l’avenir. Par conséquent, ç’a été particulièrement frustrant de jouer quelque chose de ce type, mais il faut savoir que ça existe. La vie que mène mon personnage est la vie que mènent bien des femmes de certaines régions de l’Inde – de certaines régions du monde, en fait. Il ne s’agit en aucun cas de quelque chose d’inventé.

Trishna
En salle dès vendredi

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