Huit coups de cœur musicaux
Pour souligner une année faste sur la scène musicale, la rédaction de Métro vous livre son palmarès.
| 1. Eric Aussant, rédacteur en chef Quelques albums? Il y a de ces années où on ne tombe pas sur les meilleurs CD. Ce fut mon cas cette année. Ce qu’il y a de positif, c’est que ça permet de souligner quelques disques qui valent le détour… et qui ne figureront sur aucun autre palmarès. 1. Can’t Go Back, de Tanita Tikaram. Près de 25 après son succès Twist in my Sobriety, la chanteuse britannique a offert cette année un excellent CD pop sans âge où elle montre ce dont elle est capable. Une belle surprise. 2. Solo Piano II, de Chilly Gonzales. L’éclectique musicien originaire de Montréal a proposé un deuxième disque de pièces composées et jouées au piano. Un beau disque pop qui pourrait bien passer à la section classique des disquaires un jour. 3. Kelmti horra, de Emel Mathlouthi. Cette chanteuse tunisienne a offert Kelmti horra (Ma parole est libre, en français). Musicalement, elle réussit à ancrer ses chansons dans la tradition et à se laisser influencer par les courants musicaux actuels. Un album puissant. |
| 2. Jennifer Guthrie, directrice de l’information Un disque? Le treizième étage, de Louis-Jean Cormier. Il y avait longtemps qu’un disque ne nous avait pas à ce point touchée. Cet album, que nous écoutons en boucle depuis sa sortie, est une réussite sur toute la ligne. Des textes fort efficaces, des mélodies accrocheuses et cette voix qui nous chavire, tout y est pour faire de ce premier effort solo un coup de cœur de 2012. Un spectacle? Radiohead au Centre Bell. La venue de Radiohead à Montréal est toujours un événement à ne pas manquer. Cette année ne faisait pas exception à la règle, d’autant plus que le groupe d’Oxford avait choisi de se produire au Centre Bell plutôt qu’au parc Jean-Drapeau. Encore une fois, le quintette ne nous a pas déçue. En plus d’offrir les pièces de son plus récent album, The King of Limbs, Radiohead est allé piger dans des succès moins souvent entendus en concert (Nude et Street Spirit, notamment) pour nous offrir un spectacle duquel on est sortie sur un nuage! |
| 3. Baz, chroniqueur Vivre dans la nuit Mes disques? Don’t be S.A.F.E, de Trinidad James. L’album vient tout juste de sortir et le gars rap depuis seulement un an, mais ça reste un des projets les plus pertinents de cette année. Females Welcomed est à écouter dans un loft party à 5 h du matin! Puis, TNGHT, de TNGHT. On savait que Lunice avait un charisme fou. Son duo avec Hudson Mohawke nous a prouvé qu’il avait du talent pour passer à un autre niveau et se battre contre le boss du dernier tableau. Et enfin Gullywood, de Loud X Lary X Ajust. Le meilleur album de rap québécois de l’année est tout droit sorti de Ahuntsic. Gullywood est gratisssss et s’écoute d’un bout à l’autre sans trop de faiblesses. Un concert? Snoop Dogg, Dr Dre, Eminem, 50 Cent, Wiz Khalifa et compagnie @ Coachella. L’un des plus beaux moments de ma vie. Être dans le désert en Californie avec 70 000 personnes, chanter Young Wild & Free en fumant un joint et réaliser qu’on a 30 ans et qu’on n’est pus si Young Wild & Free. |
| 4. Maxime Huard, journaliste Actualité Un disque? Marée humaine, de Manu Militari. Le rappeur québécois a pas mal fait parler de lui en 2012. La controverse entourant la sortie de son clip L’attente (qui ne figure finalement pas sur l’album Marée Humaine) traduit bien la force d’impact de ses paroles. Comme il le dit si bien lui-même, Manu Militari «déverse une écriture salée sur plaie ouverte»; son dernier album en est une preuve éloquente. Un concert? Refused, au Métropolis. Ce concert, les fans de Refused l’attendaient depuis 14 ans. Malgré la longue absence, tant les fougueux Suédois que les pièces de leur œuvre culte The Shape of Punk to Come (sans doute le meilleur album hardcore jamais enregistré) avaient gardé toute leur force de frappe. L’accueil des Montréalais a été monstrueux, comme une immense explosion de folie collective. Les murs du Métropolis en tremblent encore. |
| 5. Joëlle Bergeron, pupitre Actualité Mes albums? Le premier de Lisa LeBlanc, rafraîchissant. Comment ne pas être conquise par une fille qui chante de façon aussi libératrice Câlisse-moi là et Aujourd’hui, ma vie c’est de la marde? Vivement une deuxième galette! Également l’album homonyme des Lumineers. Ce trio folk ne réinvente pas la roue, mais ce premier effort est simple, efficace et prometteur. Si vous aimez Mumford & Sons et The Tallest Man on Earth, vous aimerez assurément. Un spectacle? Celui que Marie-Pierre Arthur a donné au Club Soda cet été était euphorisant. La musicienne avait du plaisir sur scène et ça paraissait. Elle a joué les pièces de son dernier album Aux alentours avec cœur et nous sommes sortie de ce spectacle avec un sentiment de bien-être. |
| 6. Roxane Leouzon, secrétaire de rédaction Mes albums? Dark Eyes, de Half Moon Run, un très bon premier album pour le groupe canadien installé à Montréal. Les mélodies sont accrocheuses, les arrangements sont riches, la voix du chanteur est envoûtante et on y trouve plusieurs perles, dont la chanson Full Circle. Et Little Broken Hearts, de Norah Jones, un disque sur lequel elle chante les cœurs brisés avec douceur, tristesse et lucidité. Beaucoup d’émotion se dégage de cet album, dont certaines chansons pourraient faire partie de la trame sonore d’un film western. |
| 7. Andréanne Chevalier, pupitre Actualité Un concert? Jens Lekman au National. Le Suédois a visité la métropole pour la première fois, le 5 octobre dernier. On a adoré la simplicité de Lekman, qui nous racontait chaque chanson comme une histoire. Un spectacle intime, doux et délicieusement excentrique à la fois. Encore! |
8. Camille Laurin-Desjardins, journaliste ActualitéUn album? Astronomie, d’Avec pas d’casque. Voilà un CD que nous avons écouté en boucle en 2012, pour les belles mélodies, la poésie tranchante et le son assez unique que nous proposent les gars d’Avec pas d’casque. L’atmosphère détendue et les rimes inattendues en font un bon compagnon de route… la tête humide et les bas trempes! Un concert? Leonard Cohen au Centre Bell. Tout un spectacle, Leo! L’homme de 78 ans et son inséparable chapeau nous ont charmée pendant les trois heures et demie qu’a duré le concert – à l’instar des autres spectateurs, visiblement, puisqu’on aurait pu entendre voler une mouche dans le Centre Bell. Lorsque le noble Cohen a entamé Hallelujah, à genoux sur le stage… un seul mot : frissons. |