Cyndi Lauper: Un rêve qui devient réalité
Diva du new wave, championne de lutte, figure de proue de la fierté gay, activiste anti-discrimination… Cyndi Lauper a toujours trouvé moyen, année après année, de demeurer dans l’Å“il du public, principalement grâce à une série de réinventions de son personnage. Sa plus récente : la dame chante le blues!
Jointe au téléphone à New York, la chanteuse, pétillante, parle beaucoup de Memphis Blues, une collection de classiques du jazz qu’elle a apprêtés à la sauce Lauper. N’allons pas penser qu’il s’agit d’une grande nouveauté pour elle, elle jure que ce n’est pas le cas. «Mon intérêt pour le blues date de quand j’étais enfant, dans ma chambre, alors que je chantais des chansons de Big Mabel, qui a eu une place dans ma musique depuis. Dans les années 1990, je mêlais pop et hip-hop, ce qui était déjà assez proche du style de cet album de blues. Je l’avais déjà en moi.»
La genèse de cet album longtemps mijoté remonte à un rêve qu’elle a fait en 1987 et mettant en vedette Oscar Peterson. «Au cours des 10 dernières années, j’ai principalement fait des albums de best of. Je voulais sortir quelque chose et ça m’a semblé un bon moment pour faire paraître ce disque.» La sortie de cet album lui donne accès à un public complètement différent ainsi que la profondeur lui permettant de se présenter aux événements traditionnels comme le Festival international de jazz de Montréal. Cela la garde aussi pertinente dans ses causes sociales.
«C’est le temps d’avoir beaucoup de blues en Amérique. Mon peuple se débat, souffre, les gens perdent leur maison. Les gens chantent le blues partout. Je voulais quelque chose que je pourrais chanter à mon peuple, et le blues, c’est ce qu’il y a de mieux pour alléger les cÅ“urs.» Léger serait une bonne façon de décrire le rêve dans lequel Peterson est apparu et a suggéré à Cyndi de reprendre des classiques du blues, comme Janis Joplin l’avait fait, pour les partager avec un nouveau public.
«Dans le rêve, j’étais méchante et je boudais Oscar plutôt que de chanter avec lui. Mais ça m’est resté, et c’est la motivation derrière l’album, pour justifier la foi d’Oscar en moi. Depuis, j’ai aussi appris à écouter. Quand les rêves nous parlent, on devrait les écouter davantage.» Le résultat, c’est Memphis Blues, qui est arrivé le jour de l’anniversaire de la chanteuse, le 22 juin, et sur lequel elle chante des chansons de Charlie Spand, de Tracey Nelson et de Memphis Slim. Une bande stellaire de musiciens accompagne Cyndi : Charlie Musselwhite, Jonny Lang, Allen Toussaint, BB King et Ann Peebles. Intimidant? Que oui!
«Parmi les nombreuses bénédictions qui m’ont été accordées en faisant cet album, les gens avec qui j’ai travaillé sont sans doute l’une des plus grandes, croit-elle. À certains moments, je pouvais entendre cette voix dans ma tête me disant que tout le monde serait excellent et que je ne serais peut-être pas assez bonne.»
Cyndi Lauper
Au Métropolis
Dimanche à 20 h 30