Les jeux en ligne permettent la création de vrais liens d'amitié
Jusqu’à samedi, les adeptes du jeu vidéo à Montréal suivent de près le colloque Jeu vidéo en ligne : nouvel espace de socialisation qui se déroule à l’UQAM. Métro s’est entretenu avec une chercheure qui a interviewé, dans le cadre de sa recherche, une cinquantaine de «gamers»
Quel est le portrait du jeu en ligne ?
Le jeu en ligne regroupe plusieurs types de jeux comme le poker ou les échecs. En tant que chercheurs, nous nous intéressons exclusivement aux jeux dits «massivement multijoueurs ». Il s’agit de jeux sur internet qui peuvent regrouper ensemble des milliers de joueurs aux quatre coins de la planète, certains gagnent même leur vie en participant à des compétitions internationales. Le plus connu World of Warcraft, regroupe 12 millions de joueurs. Au Québec, la moyenne d’âge tourne autour de 30 ans, les gens viennent de tous les milieux et on note un accroissement du nombre de filles.
Quelles habiletés cela développe-t-il ?
On note des acquis dans la langue (l’anglais), l’ouverture à d’autres cultures… Les joueurs développent aussi du leadership, par exemple, en étant le chef d’une guide, de la diplomatie en plus d’apprendre à gérer plusieurs tâches à la fois. On y apprend aussi la socialisation : si l’on est trop bête, on perd ses camarades de jeu. À travers notre recherche, on s’est rendu compte que la majorité des joueurs établissaient de vrais liens d’amitié qui les ont poussés à aller en Europe ou aux États-Unis pour rencontrer leurs amis virtuels ou les recevoir chez eux.
Y-a-t-il des jeux plus dangereux que d’autres ?
Je parlerai plus de mécanismes. Notamment ceux qui prônent la récompense comme World of Warcraft. Il y a toujours un cadeau qui s’en vient et ça peut encourager la dépendance. Des gens qui passent 60 heures par semaine à jouer ça existe, mais c’est loin d’être la majorité. Il existe aussi des jeux où votre personnage peut par exemple être attaqué, même si vous êtes déconnecté. Ça aussi, ça pousse à la dépendance.