Nouvel épisode dans le feuilleton des voitures de métro
Face à la volonté du gouvernement de négocier directement avec le consortium Alstom-Bombardier sans lancer d’appel d’offres international pour acheter les futures voitures de métro, le fabricant espagnol CAF n’a pas tardé à réagir.
Dans un contexte où le Canada négocie un traité de libre-échange avec l’Union européenne, cette décision «lance un message de protectionnisme apparent extrêmement négatif», a déclaré l’entreprise par communiqué.
Le gouvernement s’est donné jusqu’au 7 octobre pour en arriver une entente avec le consortium. La négociation porterait sur l’achat d’environ 500 voitures (et non plus 1 053), selon La Presse. En cas d’entente, le gouvernement promulguerait une loi spéciale afin de se soustraire aux règles du commerce international.
«Il y a une situation d’urgence et une question de sécurité», a justifié le ministre des Transports, Sam Hamad sans en dire plus. Ce dossier traîne depuis quatre ans. Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, prétend que cette décision gouvernementale n’assure aucunement que le prix payé sera compétitif ou que les wagons seront livrés à temps, vu les possibles contestations judiciaires.
«Montréal fait encore une fois les frais de l’aveuglement de la classe politique de Québec, qui est obsédée par les retombées politiques en région», a-t-il déclaré, sous-entendant que l’élection partielle dans Kamouraska (circonscription où se trouve l’usine Bombardier) n’est pas étrangère à cette décision du Parti libéral.