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Pas de corvée citoyenne à Lac-Mégantic, pour l’instant

Photo: Jacques Boissinot/PC

Le ministère de l’Environnement n’autorise pas, pour l’instant, les citoyens à effectuer des corvées de nettoyage des hydrocarbures qui se sont répandus dans la rivière Chaudière à la suite de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic.

La semaine dernière, des citoyens ont eu l’idée d’utiliser des boudins de cheveux pour absorber les produits pétroliers, comme on l’avait fait en 2010 pour nettoyer les côtes de la Louisiane.

Sans avoir pris la responsabilité d’organiser ces corvées, la Victoriavilloise Anne Beaumier (originaire de Lac-Mégantic), et Jacinthe Beaudin ont souhaité y contribuer en invitant les salons de coiffure et de toilettage pour animaux à fournir cheveux et poils.

Au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEP), on dit que cette technique n’est pas éprouvée. Éric Cardinal, du cabinet d’Yves-François Blanchet, souligne toutefois qu’on comprend cet élan de générosité des citoyens à l’égard des riverains de la Chaudière.

«Pour des considérations de sécurité et parce qu’il y a des équipes de nettoyage à l’œuvre avec des techniques éprouvées, il est préférable que les citoyens n’interviennent pas sur les bords de la rivière. On se fie aux experts», soutient M. Cardinal.

Anne Beaumier s’est rendue dans la région de Lac-Mégantic et aux abords de la rivière Chaudière la fin de semaine dernière pour y constater l’ampleur des dégâts et la présence odoriférante de produits pétroliers dans la rivière.
Elle se dit bien sûr déçue que le ministère refuse que s’organisent des corvées citoyennes.

«On étouffe l’initiative citoyenne et cela contribue à augmenter le cynisme», résume-t-elle.

En entrevue, comme sur son compte Facebook, elle affirme toutefois que l’opération de collecte n’a rien d’un échec. Elle mentionne d’ailleurs qu’il ne fallait pas s’attendre à pouvoir intervenir si rapidement après le déversement. «Ce qu’on cherchait à faire, Jacinthe Beaudin et moi, c’est fournir les cheveux lorsque les besoins se feraient sentir. Honnêtement, on ne s’attendait pas à ce que le ministère se serve de ce procédé.»

Tout n’est pas perdu, croit-elle. D’une part, parce qu’on a fait connaître cette technique, «simple, concrète et gratuite».

Et puis, ajoute-t-elle, le mouvement «Nos cheveux à Mégantic» pourrait inciter des salons de coiffure et de toilettage d’animaux à acheminer leurs matières résiduelles à Green Circle au lieu de les mettre à la poubelle. «Beaucoup de salons pourraient réduire le volume de leurs déchets, les cheveux, les tubes de coloration, les papiers d’aluminium pouvant être détournés de l’enfouissement.»

Ces derniers jours, Anne Beaumier dit avoir vécu une expérience humaine sans précédent, elle qui se dépeint comme une femme «allergique à l’inaction et à l’impuissance».

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