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Amsterdam: la vérité si je mens

Photo: Les films Séville

Amsterdam, le premier film de Stefan Miljevic, parle des mensonges que se racontent des amis de longue date – lesquels sont interprétés par de vrais copains de toujours, Robin Aubert, Louis Champagne et Gabriel Sabourin.

Sam, Jeff et Marc partent à la pêche. Du moins, c’est ce qu’ils disent à leurs femmes. Aussitôt arrivés au lac, les trois amis se tirent le portrait avec des poissons (congelés) au bout de leur ligne, une bière à la main, puis ils remballent le tout et hop! ils filent vers l’aéroport pour s’envoler vers… Amsterdam – d’où le titre! Et le trio, on s’en doute, n’a pas l’intention d’y faire des balades à vélo dans le parc, mais bien de goûter à tous les plaisirs que recèlent le Red Light et les coffee shops.

«Amsterdam, c’est un peu exotique, et tous les adolescents ont déjà voulu y aller pour goûter le fruit défendu, explique le réalisateur, Stefan Miljevic. Nos personnages, ce sont ces gars-là, qui vivent en région, qui se sont mariés et ont eu des enfants assez jeunes, et c’est comme s’ils n’avaient pas eu le temps de vivre pleinement leur adolescence. C’est pour ça qu’ils se retrouvent, des années plus tard, à avoir envie de faire un mauvais coup. Et ça, le désir du mauvais coup, je pense que c’est universel. Au-delà de l’âge, fille ou gars, on rêve tous à un moment donné de partir, de lâcher notre vie de tous les jours et de vivre!»

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Sauf que le plan d’escapade ni vu ni connu des trois hommes, vous vous en doutez peut-être, n’ira pas tout à fait comme sur des roulettes, puisqu’un d’entre eux décidera de prolonger son séjour. Les deux autres, rentrés comme prévu, tenteront de se dépatouiller pour expliquer l’absence de leur ami sans se trahir, ce qui ne se fera pas sans heurts, et surtout pas sans dévoiler au passage bon nombre d’autres petits ou gros mensonges accumulés au fil des années… «Cette invention d’un faux voyage de pêche pour dissimuler leur vrai voyage, celui qu’ils font à Amsterdam, va lever le voile sur tous les autres secrets qu’il y a en dessous, un peu comme quand on lève une pierre et qu’on voit tous les vers qui grouillent en dessous, illustre le cinéaste. Ce qu’on voulait faire, surtout, c’était écrire sur les hommes de notre génération, ce qu’ils se disent et surtout ce qu’ils ne se disent pas, les secrets qui habitent des amitiés de longue date.»

Ce «on» auquel Miljevic fait référence, c’est le trio de scénaristes qu’il a formé avec Louis Champagne (Marc) et Gabriel Sabourin (Jeff), lesquels tiennent deux des trois rôles principaux du film aux côtés de Robin Aubert (Sam), et avec qui il a écrit le scénario d’Amsterdam sur une période d’environ six ans. «C’est vrai que pour avoir un premier rôle dans un film, il faut quasiment se l’écrire, de nos jours, lance Louis Champagne. Mais c’est l’fun, écrire. On lisait les textes à voix haute, on changeait les répliques pour qu’elles soient colorées et pour ne pas qu’il y ait trop de texte. Des fois, on a tendance à parler beaucoup, à expliquer beaucoup. Mais on ne voulait pas qu’il y ait trop de mots, on voulait qu’on sente la tension sans avoir à expliquer les choses, qu’on sente la scène sans avoir à dire quoi que ce soit. Pour des gars, une tape dans le dos, ça veut dire beaucoup.»

«Louis et Gabriel sont de très bons dialoguistes, parce qu’ils passent leurs vies à jouer des répliques, renchérit Miljevic. Donc, ils ont un très bon sens du rythme, des dialogues… On voulait que ces personnages-là restent ancrés dans une réalité émotive qui soit palpable, bien réelle pour tout le monde. On s’est donc beaucoup basés sur notre propre vécu. Même si ces gars-là viennent d’une réalité complètement différente de la nôtre, ça reste qu’émotivement, c’est ancré dans quelque chose de vrai.»

«Ce qu’on voulait, c’est faire un film populaire, dans le bon sens du terme, précise Louis Champagne. Une bonne histoire avec des surprises, un film que les gens vont aller voir.»

Dans le port d’Amsterdam
Pour son premier film, Stefan Miljevic ne s’est pas facilité la vie : il a tourné dans le Red Light d’Amsterdam… et au Québec en plein hiver. «À l’image des personnages, j’ai eu envie de faire un mauvais coup, rigole-t-il. Deux continents, deux saisons, avec des personnages d’ici et d’ailleurs, c’est un peu mongol… mais ça avait du sens dans ma tête!»

Tourner dans le Red Light n’a d’ailleurs pas été une mince affaire. «C’est un quartier très fréquenté par les touristes, explique le réalisateur. Et là comme dans tous les autres lieux de tournage à Amsterdam, je n’avais pas nécessairement la possibilité de fermer des sections, ce qui a influencé tout de suite la façon dont j’allais tourner, en caméra épaule, très proche des personnages. Et ça m’a aidé, parce que je voulais que les spectateurs se sentent comme un quatrième membre du trio, qu’on les accompagne de près, qu’on soit avec eux. J’ai pris ça comme une force qui allait m’aider à raconter l’histoire.»

Le fait de travailler avec des amis (Marie-Chantal Perron, Suzanne Clément et Fanny Mallette, qui complètent la distribution, sont également des proches du quatuor) a aussi influencé le tournage. «Sur le plateau, il y a comme un langage de la gang, on n’avait pas besoin de passer par quatre chemins pour s’expliquer les choses, remarque Louis Champagne. Et tout le monde avait envie de faire un bon film pour Stefan. Un premier long métrage, c’est toujours quelque chose de spécial, comme un baptême de vie professionnel, c’est très émouvant.»

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Amsterdam
En salle dès le 11 octobre

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