Face-à-face télévisés virulents
À moins d’une semaine du scrutin, les quatre principaux candidats à la mairie se sont affrontés lundi soir lors de la première série de débats en face à face, diffusés sur LCN et animés par le journaliste Pierre Bruneau. La formule a permis des échanges vigoureux, parfois âpres, avec des accusations mutuelles récurrentes.
- Premier débat: Bergeron en mode attaque
Lors du duel opposant Denis Coderre à Richard Bergeron, les attaques ont commencé dès les premières minutes. M. Bergeron a rappelé à son rival que 25 de ses candidats font partie de l’ancienne administration de Gérald Tremblay. Ces attaques sur l’intégrité et le financement se sont poursuivies tout au long des 45 minutes du débat. M. Coderre, chef d’Équipe Denis Coderre pour Montréal, a maintenu une attitude plutôt calme, déclarant que ses candidats et lui-même «n’ont rien à se reprocher».
Sur la question du transport, M. Bergeron, chef de Projet Montréal, a martelé qu’il compte investir massivement dans les transports collectifs afin de convaincre les automobilistes de changer d’habitudes. À ce moment, M. Coderre l’a accusé d’être «un anti-voiture». Ce dernier a aussi reproché à son adversaire d’être «irréaliste» avec son projet de tramway, affirmant qu’il faut miser sur les voies réservées et sur un système de covoiturage.
Sur la question du déneigement, M. Coderre a indiqué que les arrondissements devront se concerter davantage. Pour sa part, M. Bergeron veut donner le pouvoir à la Ville centre d’assurer l’uniformité du déneigement.
Questionné à savoir ce qu’il pensait du service de police, M. Bergeron a déclaré que les policiers doivent se rapprocher des citoyens, et revoir le «look méfiant» que donnent les chemises foncées et les Dodge Charger. Décidément en désaccord, M. Coderre a répliqué que la «police fait un excellent travail».
- Deuxième débat: Côté reproche sa jeunesse à Joly
Si l’ensemble des échanges entre Marcel Côté et Mélanie Joly se sont déroulés sur un fond respectueux, les 15 dernières minutes ont été marquées par les propos de M. Côté, qui a clamé à plusieurs reprises que sa jeune adversaire manque d’expérience. «Vous n’avez géré que 14 employés!» a-t-il dit, faisant référence au séjour de Mme Joly à la tête de l’agence de communications Cohn & Wolfe. «Je sais m’entourer de personnes d’expérience», a-t-elle répondu.
Questionnée par l’animateur sur les régimes de retraite, Mme Joly, chef du parti Vrai changement pour Montréal, a affirmé vouloir relancer les négociations avec les cols blancs, afin de revoir les ententes faites sur les fonds de pension, qui coûtent cher aux contribuables. Son rival a plutôt affirmé qu’il faudra attendre à la fin de la convention pour renégocier.
Sur la question de la corruption, M. Côté, chef de la Coalition Montréal, a martelé qu’il compte revoir toute la gouvernance de la Ville, pour mieux repartir le pouvoir qui «est actuellement concentré sur quelques hautes têtes». Mme Joly a insisté qu’il faut rendre publiques toutes les données concernant l’administration pour enrayer la corruption.
Pour la circulation, M. Côté s’est engagé à diminuer «l’épidémie de cônes oranges», en limitant les chantiers qui nuisent au trafic. Mme Joly a martelé que le Système rapide par bus est la seule solution réaliste pour améliorer les déplacements des Montréalais.
