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Scuba, DJ imprévisible et averti

Photo: collaboration spéciale
Michael-Oliver Harding - Métro

Parmi les grosses pointures de la scène électronique européenne qui se prêteront à l’expérience Igloofest, Scuba, patron de label, producteur et DJ, fera la démonstration de son imposant répertoire musical.

Fidèle à son habitude, la vaste programmation de l’Igloofest, qui se déclinera cette année sur quatre week-ends consécutifs, met de l’avant un important contingent d’artistes établis à Londres et à Berlin (Skream, Hot Since 82, Totally Enormous Extinct Dinosaurs). Le dynamisme et le raffinement qui caractérisent ces deux plaques-tournantes de l’électronique n’ont rien à voir avec la déferlante «d’EDM», qui pollue plusieurs festivals nord-américains à grands coups d’auto-tune indigeste et de mélodies pitoyablement prévisibles.

En matière de raffinement rythmique, difficile de trouver mieux que le Britannique Paul Rose (alias Scuba), un producteur précurseur, pertinent et prolifique établi à Berlin depuis 2007. Il a exporté sa signature de dubstep sinistre dans la capitale allemande, avec des soirées courues au mythique club Berghain. Mais comme tout artiste habité par une peur constante de se répéter, il ne s’est jamais pour autant cantonné au circuit des basses fréquences. Depuis 2003, Rose dirige l’influent label Hotflush Recordings, reconnu comme véritable incubateur de talents. D’autant plus que son rôle de défricheur de nouveaux sons nourrit les carrières de DJ et de producteur qu’il mène en parallèle.

Avec trois albums à son actif – galettes qui l’ont vu épouser tour à tour le dubstep perçant, la techno atmosphérique et un hybride breakbeat-house résolument festif –, Rose n’est certainement pas près de laisser son trône au suivant.

Depuis la sortie de votre dernier album, Personality, vous vous éloignez des influences plus pop pour effectuer un retour aux compositions plus ambiantes et atmosphériques, vos premières amours. Vos années à Berlin déteignent-elles sur votre production?
C’est vrai qu’on pourrait le voir ainsi! J’ai l’impression de boucler la boucle. Lorsque je suis arrivé à Berlin, j’étais vraiment emballé par le croisement dubtep-techno. Depuis, la scène de house-garage issue de Londres a vraiment explosé à l’international, avec Disclosure, Duke Dumont et tout. On pourrait dire que j’ai un peu choisi de nager à contre-courant en effectuant un retour aux trucs plus sombres. Mais je ne pourrais dire que Berlin m’influence vraiment, car je passe si peu de temps ici… Musicalement, je suis quelqu’un qui doit constamment sonder de nouvelles zones pour rester stimulé.

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Sur Twitter, vous ne pratiquez pas la langue de bois! Obamacare, racisme de la police britannique, «crimes musicaux» d’Avicii, personne n’en sort indemne. C’est important pour vous d’établir un réel dialogue avec votre public?
Beaucoup. Mais j’utilise d’abord Twitter pour donner un peu plus de contexte à mon développement musical. Lorsque j’ai pris un virage beaucoup plus pop, il y a deux ou trois ans, ç’a été une décision très contestée par mes fans de la première heure. Puisque plusieurs y ont vu un changement de cap ironique de ma part, j’ai cru important de mettre les choses au clair sur Twitter. Les conversations qui en découlent me surprennent toujours : elles peuvent être intéressantes, tant je peux aussi me faire ramasser par de gros abrutis. C’est amusant.

Vous jonglez avec trois carrières en parallèle et vous ne semblez pas en délaisser une au profit des deux autres, les trois étant couronnées de succès. Ces différentes sphères sont-elles interdépendantes?
Oui. Ce que j’endisque sur Hotflush a tendance à refléter ce que je mijote en studio et ce qui ponctue mes DJ sets. Je ne pourrais envisager d’en laisser tomber une. C’est sûr que je suis moins engagé dans le quotidien du label maintenant, mais je reste le seul à choisir notre répertoire musical. Chacun de ces boulots est un emploi à temps plein, mais si tu souhaites poursuivre ce train de vie, tu fais les sacrifices nécessaires et tu t’armes de discipline!

Scuba
À Igloofest
Le 1er février à 18 h

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