L’art de décrocher un stage
Chaque année, de nombreux étudiants se tournent vers les entreprises liées à leur domaine pour y effectuer un stage, une incursion dans le monde du travail qui peut s’avérer charnière.
«Décrocher un stage comporte bien des avantages, que ce soit pour acquérir une expérience de travail pertinente, mettre en pratique ses connaissances, élargir son réseau de contacts ou encore valider son choix de carrière», explique Pierre Francq, directeur du Service de gestion de carrière de HEC Montréal.
«C’est également un excellent moyen de faire ses preuves et d’obtenir des références pour une future recherche d’emploi, indique Geneviève Allie, coordonnatrice des services et conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Montréal centre-ville. Cela donne aussi un bon aperçu de ce qu’est la réalité du marché du travail aux nouveaux arrivants, ou à ceux qui n’ont aucune expérience professionnelle.»
«Et cela permet aux employeurs d’évaluer le potentiel de leur nouvelle recrue, la plupart du temps dans le but de l’embaucher», soutient M. Francq.
Comme stage rime souvent avec première expérience, il n’est pas toujours facile de savoir par où commencer, ni comment mettre toutes les chances de son côté.
Certains établissements, comme HEC Montréal, offrent à leurs étudiants de les accompagner dans leur processus. «Nous proposons des services de coaching, des ateliers pour améliorer leurs techniques d’entrevue et de présentation, et même des stratégies pour optimiser leurs recherches», indique M. Francq.
Ces services sont également accessibles gratuitement dans chacun des 110 CJE existants à travers le Québec, et dont l’une des missions est d’accompagner les jeunes de 16 à 35 ans vers le marché du travail. «Nous identifions les besoins de chaque personne, ainsi que les obstacles qu’elle pourrait rencontrer, puis nous l’orientons vers les ressources appropriées», raconte Mme Allie.
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain, par exemple, soutient les nouveaux arrivants qualifiés dans leurs démarches, tandis que le Programme d’initiation au travail région est de Montréal (PITREM), permet aux décrocheurs de 16 à 29 ans de vivre une expérience de travail enrichissante grâce à un stage parrainé et rémunéré.
Commencer ses recherches
«Il faut avant tout évaluer ses intérêts et ses aptitudes pour augmenter ses chances d’obtenir un stage qui correspond à nos intérêts, soutient M. Francq. Et évidemment, plus on s’y prend tôt, plus on multiplie les possibilités.»
«Cette réflexion va aussi permettre d’optimiser son curriculum vitæ et de faire ressortir ses compétences pertinentes, explique Mme Allie. Puis quand vient le temps d’entamer ses recherches, tous les moyens sont bons.»
À HEC Montréal, des rencontres entre employeurs et étudiants sont organisées afin d’établir un premier contact, en plus de leur permettre d’accéder aux offres des entreprises. «Le futur stagiaire doit par contre porter une attention particulière aux exigences mentionnées dans l’annonce pour s’assurer que le mandat correspond bien à ses attentes», conseille M. Francq.
Et bâtir son réseau professionnel passe également par l’entourage, les enseignants, les anciens élèves ou encore les réseaux sociaux.
«Nous encourageons même les jeunes à entrer en contact avec une personne qui œuvre dans le domaine qui les intéresse. Cela leur permettra de colliger de l’information, de se faire connaître, et même pourquoi pas de trouver un mentor!», raconte Mme Allie.
Finalement, les candidatures spontanées constituent encore un des moyens les plus efficaces dans une recherche d’emploi ou de stage puisque, selon Emploi-Québec, 80 % des postes comblés n’ont jamais été affichés.
Premières impressions
Le premier contact entre le stagiaire et l’entreprise est déterminant, que ce soit dans une démarche de candidature spontanée ou lors d’une réponse d’employeurs intéressés. Une tenue vestimentaire adéquate, un langage non verbal approprié et une bonne préparation favorisera donc la crédibilité de l’étudiant.
«Cela passe aussi par un minimum de connaissances concernant la compagnie», indique M. Francq. «Bien informé, le jeune sera en mesure de poser les bonnes questions».
Selon lui, la confiance en soi, la maturité et l’humilité sont des qualités recherchées par les employeurs. Savoir se présenter rapidement est donc indispensable pour pouvoir échanger efficacement avec les recruteurs.
«La pire chose à faire est de demander ce que l’entreprise a à offrir. Il est préférable de l’aborder en se renseignant sur ses besoins, afin que l’étudiant puisse expliquer en quoi il serait un atout», conclut-il.