La guerre des tuques se réanimera en décembre 2015
Le studio québécois d’animation 3D Singing Frog et le réalisateur Jean-François Pouliot s’attaquent à un classique du cinéma d’ici: La guerre des tuques.
«La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal!», «Daniel Blanchette de Victoriaville!», «T’as de la neige là…» – autant de répliques-cultes qu’on pourra de nouveau entendre… sortant cette fois de la bouche de personnages en animation 3D stéréoscopique.
Le développement du projet de remake de La guerre des tuques, 27 ans après la sortie de l’original, a présentement lieu sous la houlette du réalisateur Jean-François Pouliot (La grande séduction) et du coréalisateur François Brisson.
«C’est un honneur et un défi parce que c’est quelque chose qui fait partie de notre héritage culturel, souligne Jean-François Pouliot. Il faut respecter l’essence de l’œuvre, l’authenticité et la pureté qui caractérisaient la version originale. Avec La guerre des tuques, c’était une des premières fois qu’on sentait réellement de ‘‘vrais’’ enfants à l’écran.»
Si le fait d’utiliser le médium complètement différent de l’animation 3D représente une «commande de taille», Rock Demers, le producteur du film original qui agira aussi cette fois à titre de producteur associé, affirme qu’il s’agissait de la seule façon d’offrir une nouvelle version satisfaisante. «Si on avait essayé de le faire avec des comédiens, peu importe la qualité du produit, on serait partis perdants, parce que l’original est trop ancré dans notre imaginaire collectif», croit-il.
Jean-François Pouliot fait toutefois remarquer que, si le nouveau film doit satisfaire les fans de la première heure, il faut aussi qu’il soit intéressant pour le nouveau public. Aussi ne s’agira-t-il pas d’une copie conforme de l’original, même si l’équipe a tenu à conserver certaines scènes et répliques incontournables du Conte pour tous.
[pullquote]
Doté d’un budget de 12,5M$ – ce qui représente environ le vingtième de ce dont disposent les studios américains, souligne le co-propriétaire du Studio Singing Frog, Normand Thauvette – le film devrait avoir un style visuel «spontané et échevelé», souhaite son réalisateur. «On ne veut pas aller dans le Pixar classique parfait, parce qu’on ne veut pas une animation parfaite, affirme-t-il. On veut quelque chose de plus libre, de plus fou visuellement.»
Grâce à l’animation, les artisans pourront se permettre d’ajouter des scènes qui n’avaient pas été possibles dans la version originale: «Le fort, par exemple, aura plusieurs pièces», décrit Pouliot. Et le chien Cléo pourra sauter bien plus haut que le «vrai» chien du film, ajoute Rock Demers.
Mais, avis aux cœurs sensibles: Cléo n’échappera pas à son funeste destin… «Pour toute une génération, La guerre des tuques a été le premier contact avec la mort, avec le fait de voir un garçon tomber amoureux d’une fille, fait remarquer la productrice Marie-Claude Beauchamp. Ces scènes sont dans notre ADN.»
Fondé il y a un an, le studio d’animation 3D Singing Frog, que les journalistes ont pu visiter mercredi matin, est 100% québécois, et le projet de La guerre des tuques 3D, qui lui a été confié, permettra la création de 75 emplois.
Produit par CarpeDiem Film, La guerre des tuques 3D devrait prendre l’affiche en décembre 2015.