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Dans les coulisses d'un défilé

Créer de jolis vêtements ne suffit pas pour s’assurer une présence sur la passerelle de la Semaine de mode. L’organisation d’un défilé est un travail de longue haleine qui débute plusieurs mois avant le jour J et qui se solde généralement par une facture de plusieurs milliers de dollars.   

À la Semaine de mode de Montréal (SMM), qui commence lundi, ne présente pas un défilé qui veut. Les designers qui s’y inscrivent pour la première fois doivent d’abord être choisis par un comité de sélection. «Les experts analysent deux aspects principaux, précise Jean-François Daviau, coprésident de Sensation Mode, organisme qui produit la SMM depuis une dizaine d’années maintenant. D’abord, la collection doit être assez commerciale pour que les acheteurs s’y intéressent. Ensuite, ils étudient la créativité du designer : est-ce qu’il se distingue? Est-ce que ses créations sont authentiques et de qualité?»

Ce processus, explique l’homme d’affaires, vise avant tout à «assurer la qualité de la programmation. Il s’agit aussi de protéger les designers qui font un retour ou qui présentent pour la première fois. Il faut avoir la certitude qu’ils pourront répondre à la demande quand les commandes des acheteurs arriveront.»

Selon le vice-président du Groupe APP (Mackage et Soia & Kyo), Patrick Elfassy, participer à la SMM permet de bénéficier de toute une structure déjà en place. «On n’a pas à s’occuper de questions techniques, comme la salle, les gradins, l’aménagement des coulisses et les relations de presse», fait-il valoir.

«Pour chaque défilé, par exemple, la SMM apporte un soutien logistique d’une valeur de 20 000 $, se félicite M. Daviau. Cela dit, grâce à un appui de taille du gouvernement du Québec [particulièrement le programme de subventions mis en place en 2005], les designers n’ont que  3 000 $ à débourser.»

Dans le cahier des participants à la 22e SMM, dont Métro a obtenu copie, il est ainsi stipulé que les frais d’inscription à un défilé de type  «runway» (de 20 à 40 looks) présenté dans l’enceinte du Marché Bonsecours s’élèvent à 3 000 $. Pour un cocktail de presse (15  looks), le prix de base est de 2 250 $. Enfin, la SMM demande 1 750 $ pour assurer un certain soutien à l’occasion d’un événement hors site.

Bien sûr, des frais supplémentaires s’appliquent dans tous ces cas, car le stylisme et le salaire des mannequins, entre autres choses, ne sont pas inclus dans ces tarifs. «Chaque designer essaie de se démarquer durant son défilé, et les coûts d’un défilé dépendent nécessairement du concept, expose M. Elfassy. À Montréal, on peut penser à quelques dizaines de milliers de dollars… Mais sky is the limit!»  

Dinh Bà Nguyen, qui participe à la SMM depuis de nombreuses saisons, estime pour sa part qu’un créateur peut «s’en tirer à moins de 10 000 $, à condition de bien s’entourer de commanditaires.» Pour le jeune designer, qui a créé la griffe qui porte son prénom il y a neuf ans, l’investissement en vaut la peine. «Ça rapporte énormément, confie-t-il, que ce soit en termes de retombées médiatiques ou d’achalandage en boutique.»

«Faire connaître le nom Dinh Bà le plus possible est un de mes objectifs quand je participe à la SMM, renchérit le designer. Chaque collection est mon bébé, et je veux l’amener le plus loin possible!»

Échéancier

Avant de présenter ses dernières créations aux médias, aux acheteurs et au grand public, un designer a beaucoup de pain sur la planche. «C’est aussi beaucoup de stress», avoue Dinh Bà, dont le défilé automne-hiver 2012-2013 aura lieu demain soir. Coup d’œil sur son échéancier des dernières semaines.

  • Semaine du 1er janvier.
    Dernière main à la conception de la collection.
  • Semaine du 8 janvier.
    Confection des échantillons. Choix d’un mannequin pour la campagne publicitaire. Création de l’invitation pour le défilé.
  • Semaine du 15 janvier.
    Séance photo. Casting pour le défilé. Production de vêtements couture pour le défilé. Envoi des invitations.
  • Semaine du 22 janvier.
    Préparation du défilé avec le styliste. Création de la musique. Essayages et ajustements sur mannequins.
  • Semaine du 30 janvier. Finition et ajustements de dernière minute.
  • 7 février.
    Supervision de l’équipe technique et beauté (coiffure et maquillage). Entrevues avec les médias.

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