Le travail, c’est la santé. Vraiment?
Il est bien connu que certaines personnes se tuent au travail, mais ce n’est pas nécessairement pour les raisons qu’on croit.
C’est ce que permettent de constater les résultats récents d’une étude sur la longévité commencée par Lewis Therman en 1921, et qui est menée aujourd’hui par les psychologues Howard S. Friedman et Leslie Martin. Ces chercheurs ont interrogé 1500 personnes à intervalles réguliers, dans le but de découvrir pourquoi certaines d’entre elles vivaient une longue vie en pleine santé, et pourquoi d’autres étaient souvent malades et mouraient parfois de façon précoce. Cette étude a produit de nombreux résultats au cours des années et se poursuit toujours avec les quelques survivants.
L’étude s’est intéressée à plusieurs facettes de l’existence, dont le travail, évidemment. L’hypothèse de départ des chercheurs était que les personnes qui occupaient des emplois correspondant à leurs intérêts et à leur personnalité seraient en meilleure santé que celles qui occupaient des emplois qui ne leur correspondaient pas. C’est là une croyance que plusieurs d’entre nous partagent et qui est souvent encouragée par les conseillers d’orientation et les thérapeutes.
Or, ces chercheurs ont découvert que ce n’est pas aussi simple que ça. Pour certaines personnes, le fait que leur emploi corresponde à leurs intérêts et à leur personnalité peut même représenter un risque pour la santé. Par exemple, si la personnalité d’un participant le prédisposait à une carrière en gestion ou en finance, et qu’il avait bel et bien fait carrière dans ces domaines, ce participant présentait plus de risques de souffrir de maladies sérieuses et de mourir jeune. Cette correspondance le prédisposait à de nombreux facteurs de risque: stress excessif, épuisement, tension artérielle élevée, etc.
D’un autre côté, les participants qui présentaient des intérêts pour l’intervention sociale et les sciences humaines et qui occupaient un emploi dans ces domaines ont vécu plus longtemps que la moyenne des participants et étaient généralement en meilleure santé. Cela explique peut-être pourquoi ce sont eux, justement, qui se font les apôtres du choix de carrière correspondant aux intérêts de chaque personne.
Les chercheurs parviennent à la conclusion que, lorsqu’un jeune choisit une formation, ce n’est pas la correspondance de cette dernière (ou de l’emploi futur) à la personnalité qui importe le plus. En effet, les participants qui ont vécu vieux et en santé ont rapporté fréquemment que l’emploi qu’il avait occupé était important à leurs propres yeux, qu’il leur avait permis de s’intégrer dans une communauté, d’établir des relations humaines significatives et de contribuer au bien-être ou à l’avancement de l’humanité.
Êtes-vous un jeune qui doit bientôt choisir une formation et une carrière? Il serait évidemment absurde d’en choisir une dont les tâches ne vous intéresseront pas du tout. Mais si vous voulez vivre heureux et en santé, vous venez d’apprendre ce que votre futur emploi devra surtout vous apporter.