Soutenez

Infrastructures: Montréal doit relever un défi colossal

Réparer ou reconstruire? La ville va devoir faire un choix sans alourdir davantage son déficit. Une décision complexe quand on sait que 56% de ses infrastructures ont été construites avant 1970.

Par Stéphanie Maunay

Le maire de Montréal, Denis Coderre a dévoilé au début du mois d’avril, le nouveau plan montréalais d’immobilisations 2015 – 2024. La ville compte injecter 800 millions de dollars par année pour maintenir ses infrastructures en vie. Actuellement, le budget est de 1,3 milliard de dollars, ce qui permet de construire seulement 25% de nouveaux équipements et de consacrer le reste à la pérennité des infrastructures.

« Notre volonté est d’amener à niveau toutes nos structures d’ici dix ans», explique Lionel Perez, responsable du sujet au Comité exécutif de la ville. « Il y a une orientation claire de l’administration Coderre d’améliorer la qualité. Pour le moment, ce n’est pas suffisant, mais on va continuer et même essayer d’économiser de l’argent à long terme », précise-t-il.

Le nerf de la guerre

Car le problème est là. La gestion des infrastructures est un véritable gouffre financier pour Montréal. « On peut tout réparer », explique un ingénieur spécialisé dans les infrastructures en béton, qui a souhaité garder l’anonymat. « Les nouveaux matériaux utilisés sont bien plus résistants. On est capable de prolonger la durée de vie. Mais quand les coûts de réparation dépassent de plus de 50% ceux de la reconstruction, il faut se demander si cela vaut la peine, et surtout savoir où l’on va trouver l’argent. »

Réparer le passé

Pont Champlain, échangeur Turcot, rue Notre-Dame, nombreux sont les dossiers à traîner sur le bureau des différentes administrations qui se sont succédées à l’hôtel de ville depuis plusieurs années. Des dossiers qui creusent à chaque fois un peu plus le budget. « On ne va pas faire le procès du passé, mais il y a un déficit de plus de 500 millions de dollars à rattraper en ce qui concerne la chaussée et la voirie, explique M.Perez. Et c’est sans compter les nouveaux chantiers. Les équipements de l’eau, comme les égouts et les aqueducs, posent également des difficultés.»

Changer les méthodes d’inspection

Au mois de janvier dernier, le Ministère des transports du Québec (MTQ) a procédé à une inspection d’urgence sur l’ensemble des ponts et viaducs après l’incident de l’autoroute 40 Ouest [NDLR: Un bloc de béton s’était détaché d’un viaduc et s’était écrasé sur le capot d’une voiture]. « Certains équipements nécessitent un suivi plus régulier, mais la procédure standard correspond à une auscultation approfondie tous les quatre ans. Ce n’est pas assez », reconnaît Lionel Perez, qui travaille actuellement sur la mise en place de nouvelles procédures tous les deux ans. Pour exemple, le dernier bilan de la voirie montréalaise remonte à 2010. 40% des routes montraient déjà des signes de faiblesses ou de grande détérioration. Concernant les structures, le bilan de 2012 indiquait que 36% d’entre elles étaient dans un état de détérioration légère, avancée, voire critique. Un nouveau bilan doit d’ailleurs être publié par l’administration montréalaise la première semaine de mai.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.