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Deux auteurs d'ici racontent Noël

Deux écrivains de Bordeaux-Cartierville, Jacques Pasquet qui y a élu domicile depuis une dizaine d’année et Claude Jasmin qui y a vécu dans les années 60 et 70, racontent leur temps des Fêtes.

Jacques Pasquet se souvient «d’une famille d’immigrés dans le quartier dont le bloc est passé au feu un peu avant les Fêtes. On avait fait avec ma compagne une collecte rapide de tout ce qui fallait et on est allé leur porter ce qui avait été récupéré comme vêtements, nourriture ou autres.»

«C’est probablement le plus beau cadeau de Noël qu’on puisse faire. Ça m’a beaucoup touché parce que je me trouvais devant des gens à qui on a permis de vivre un Noël», raconte celui qui a écrit Mystère et boule de gomme.

Claude Jasmin se souvient d’un étrange jour de l’An de 1975. «Il fit un temps d’une douceur toute printanière et, surpris par cette température inouïe, on alla prendre l’air (si doux!) sur le balcon arrière dans notre rue-impasse Zotique-Racicot. Soudain, venus de la rue voisine, Poincarré, là où se situe la vieille prison, nous avons entendu des râles, des cris dans le soir. Une voix d’homme se lamentait, criant comme « chien à la lune »: « Pauline, je t’aime… Pauline, je t’aime!»

«Ce fut terrible ces appels dans le soir d’un pareil jour, se remémore l’auteur de La Petite Patrie. Ces cris fendaient le cœur et on entra comme embarrassés et ce réveillon dressé, bien, on dirait, il nous tentait moins un peu! Je me souviens d’avoir bu davantage de Pernod. Pour oublier sans doute cet homme malheureux dans sa cellule!»

Pas qu’une prison!

Bordeaux, ce n’est certainement pas qu’une prison. Jacques Pasquet y voit un quartier où «il y a d’abord des êtres humains qui s’aident beaucoup». Il voudrait voir Noël comme un moment de rencontre. «Ce qui est difficile, c’est de tisser le lien avec le secteur qui est plus pauvre, isolé et délaissé», souligne M. Pasquet.

«Moi, ce qui me plaît dans Noël, c’est le changement de saison, le solstice d’hiver. On pourrait faire de ce moment-là un lieu de rencontre autour du festif où on irait chercher tous ces gens qui viennent de cultures très différentes.»

Claude Jasmin regrette pour sa part «le temps des Fêtes un peu campagnard». «Nos quelques rues étaient un peu isolées et le vaste champ des pylônes de l’Hydro-Québec était « vallée neigeuse » vu de la cour arrière avec ses arbres et bosquets, une sorte de paysage campagnard.»

Il aime à Bordeaux, «ce modeste centre commercial aux dimensions humaines, rue Salaberry; sa librairie Monet, havre de savoir, de divertissement». Il aime aussi «la si jolie piste cyclable, le parc bien aménagé, « l’île aux fesses » fut toute restaurée, on va de l’asile Notre-Dame-de-la-Merci jusqu’à ce magnifique parc Rimbault en face de l’hôpital du Sacré-Coeur, la rivière des Prairies et ses remous légers».

Quant à Jacques Pasquet, il aime ce quartier «parce qu’il a tout le potentiel et toutes les racines de la micro-société québécoise.»

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