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Tout le monde à l’eau

L’arrondissement a fait l’acquisition de trois chaises de piscine pour les personnes à mobilité réduite. Cet investissement fait le bonheur de l’organisme Espace Multisoleil, qui a fait du Complexe aquatique de Saint-Léonard une destination régulière.

Espace Multisoleil offre une programmation d’activités aux personnes ayant un handicap physique et intellectuel associé, ou, dans le jargon, une multidéficience. Basé à Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et accueillant des jeunes de partout à Montréal, il se déplace régulièrement à la piscine de Saint-Léonard avec un groupe de participants âgés de 22 à 30 ans, afin de profiter des installations adaptées.

Tout ce qui manquait afin de faire de l’établissement un endroit parfaitement accessible, c’était des chaises de piscine. « Sans chaise, on ne peut pas aller dans l’eau avec nos jeunes », affirme la directrice générale de l’organisme, Aline Ostrowsky. Elle a fait une demande à l’administration locale, qui s’est montré très réceptive.

Trois chaises, représentant une dépense d’environ 8000 $, ont été achetées. « Et c’est la limousine de la chaise de piscine! », se réjouit Mme Ostrwosky. Utilisées pour amener les personnes handicapées jusque dans l’eau, grâce aux rampes d’accès dans les piscines, elles vont aussi sous la douche. Elles sont galvanisées afin de ne pas rouiller.

Leur autre avantage est d’être beaucoup plus mobiles que les lève-personnes, plus souvent retrouvés dans les piscines de la ville de Montréal. Motorisés, ils sont plus lents et ne permettent de déplacer qu’une personne à la fois. Avec un groupe de 12 personnes, impossible de passer autant de temps à les entrer et sortir de l’eau.

Une priorité pour Saint-Léonard

La chef de division aux sports et loisirs à Saint-Léonard, Nathalie Hébert, affirme que cet investissement allait de soi pour l’arrondissement. « L’accessibilité universelle dans nos bâtiments, c’est une priorité. On veut que les gens avec un handicap n’aient pas une spécificité quand ils entrent dans un bâtiment, qu’ils n’aient pas à dire « j’ai un service à part », mais « intégré ». C’est dans ce sens qu’on travaille, tant au niveau de la quincaillerie (les poignées, les rampes), que des accès plein pied. »

La conseillère de Ville Lili-Anne Tremblay, dont la petite sœur a une déficience intellectuelle, connaît la réalité des familles avec un enfant handicapé. « On n’aura jamais à me tordre un bras pour faire entrer l’accessibilité universelle, parce que ma sœur habite avec moi. Dans mon quotidien, je le vis. Et encore, ma petite sœur marche bien! Les personnes handicapées ont envie de s’épanouir dans notre société et on leur met des bâtons dans les roues pour rien. »

« Ce n’est pas toujours facile pour nos groupes de s’intégrer dans la communauté, poursuit Mme Ostrowsky. On se bat dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour faire acheter de nouvelles chaises de piscines à Joseph-Charbonneau. » À proximité d’une école pour handicapés, le centre se contentera de réparer les chaises.

Table de consultation

À Montréal, il y a encore du travail à faire, estime le conseiller en accessibilité universelle de l’organisme régional AlterGo, Roody Bernard. « Ce n’est pas facile de trouver des piscines adaptées, du stationnement à la piscine. »

Une table de consultation sera mise sur pied à la Ville-centre. Réunissant tous les organismes œuvrant auprès des gens aux prises avec des limitations fonctionnelles, elle aura pour but de dégager des recommandations sur l’accessibilité des piscines. « Saint-Léonard est un très bel exemple, il faudrait que ça se voie dans l’ensemble des piscines de la ville », considère M. Bernard.

En plus de l’accessibilité complète, un des bassins du Complexe aquatique de Saint-Léonard est chauffé à 33 degrés Celsius. Le travail dans l’eau chaude aide à détendre les muscles rigides ou spastiques.

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