Shakespeare n’existe pas !
C’est la thèse soutenue par Lamberto Tassinari, écrivain et chercheur, dans son essai The man who was Shakespeare : John Florio, un intellectuel juif italien résidant en Angleterre, serait en fait l’auteur véritable derrière le célébrissime Don Quichotte de Cervantès et toutes les œuvres dramaturgiques de William Shakespeare.
Lamberto Tassinari, dans une rencontre avec Michel Vaïs, viendra défendre son point et susciter la controverse dans un événement spécial, un « Hommage dialogué à Shakespeare et Cervantes », qui se tiendra ce mardi 23 avril, à 19h30 dans le tout nouvel espace culturel, le « Petit Outremont » récemment aménagé au coeur du Théâtre Outremont.
Autour de l’étonnante histoire d’un juif italien qui fait le lien entre les deux, tout un débat d’idées assurément renversant dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
Thèse ou hypothèse ?
Sur scène, Lamberto Tassinari, Michel Vaïs et Raymond Cloutier aborderont le tunnel qui lie Shakespeare et Cervantes. Professeur d’italien montréalais, Lamberto Tassinari, a fait – sans l’avoir vraiment cherché – une étonnante découverte au début des années 2000 : l’œuvre de Shakespeare a été écrite par un Anglais d’origine juive italienne nommé John (Giovanni) Florio.
Ses recherches l’ont amené à se rendre à l’évidence : non seulement l’homme de Stratford ne peut pas avoir écrit ces pièces immortelles, ce dont de plus en plus de chercheurs sont convaincus, mais personne d’autre que Florio (« Italian in speech, English at heart ») n’aurait pu les écrire à cette époque.
Plus tard, projetant un même regard sur l’auteur de Don Quichotte, il découvre plusieurs correspondances entre l’œuvre du dramaturge anglais et celle du romancier espagnol, notamment que ce roman et Hamlet sont parus la même année, en 1605.
Une autre œuvre fait constamment l’objet de rapprochements avec d’une part les pièces de Shakespeare et d’autre part, le roman de Cervantes : les Essais de Montaigne. Or, c’est Florio, traducteur polyglotte, qui a signé la première version anglaise de ce livre….
Cet hommage dialogué, reposant sur des bases solides, mais non dépourvu d’humour, nous réserve bien d’autres surprises, entre autres celle d’écouter un madrigal composé par John Florio, qui était maître des plaisirs de la cour et secrétaire de la reine Anne, épouse de James Ier pendant 16 ans.
(M.J.-F.)
(Source: Théâtre Outremont)