Les bouchons arrivent
Durant le prochain week-end, la circulation sera très compliquée dans le corridor du pont Champlain. Des ralentissements importants, des bouchons, des détours sont à prévoir. Ce n’est qu’un début, car les semaines qui viennent annoncent d’autres perturbations sur le réseau routier avoisinant L’île-des-Soeurs.
Des mesures ont été prises pour atténuer l’impact des travaux prévus, au cours des deux prochains week-ends, dans ce secteur, mais il ne faut pas se leurrer. Il suffira d’un accrochage ou d’une panne pour que le réseau routier soit lourdement congestionné.
Ce qui m’inquiète encore plus, c’est de savoir que des travaux encore plus importants seront réalisés au cours des prochaines années. En fait, c’est toute la région montréalaise qui sera perturbée par de grands chantiers. Tant sur l’île de Montréal que sur les voies de circulation qui permettent d’y accéder, on devra réaliser des travaux majeurs, à brève ou moyenne échéance.
Les gouvernements, les décideurs, savent tout cela. Leurs «experts» échafaudent différents scénarios, ils vont aménager des voies de contournement, ils vont faire des campagnes d’information pour bien renseigner les utilisateurs du réseau. Tous apprendront, s’ils ne le savent déjà, qu’une série de perturbations s’en viennent et qu’on essaiera d’en atténuer les conséquences.
Est-ce assez? Je pense que non. Je crois surtout qu’il existe des solutions et qu’il n’est pas trop tard pour les mettre en application.
Malgré toutes les entraves à la circulation, sur le réseau routier du Grand Montréal, il arrive parfois que l’heure de pointe se passe relativement bien. Pour une raison ou l’autre, il y a un peu moins de véhicules sur les routes et c’est ce qui fait la différence. Il me semble que l’on a là la réponse.
Il faut réduire le nombre des déplacements en auto, à l’heure de pointe. Les automobilistes sont prêts à le faire, mais on ne leur offre aucune autre option. Le transport en commun existe, mais il ne répond pas adéquatement aux besoins d’un grand nombre d’entre eux.
À court terme, il est impossible de répondre adéquatement aux automobilistes qui souhaiteraient emprunter le transport en commun. Pour mettre en place de nouveaux services de train ou de métro, il faut des années, sinon des décennies. Ce n’est sûrement pas ainsi que l’on réglera les problèmes, à court terme.
Mais en attendant que ces grands projets soient réalisés (rapidement, autant que possible) rien n’empêche de mettre en place de nouveaux services d’autobus «express». Partout où on les a instaurés, les circuits de transport rapide par autobus fonctionnent à pleine capacité. Il existe des centaines de situations où de tels services sont inexistants et si l’on appliquait cette approche, on retirerait des dizaines de milliers de véhicules des routes, aux heures de pointe.
Ces mesures sont relativement peu coûteuses, mais elles ont quand même un prix et la grande difficulté, c’est le financement. Les villes demandent de l’argent au gouvernement du Québec; le Québec réclame le soutien financier du gouvernement fédéral.
Il est vrai que l’argent ne pousse pas dans les arbres, mais qu’est-ce qui empêche nos décideurs d’effectuer des emprunts pour financer ces mesures. On empruntera des milliards pour les grandes infrastructures routières; pourquoi ne le fait-on pas pour la mise en place d’un réseau plus efficace de transport en commun?