Rona ouvre ses portes sur Maurice-Duplessis
Le géant de la quincaillerie Rona a ouvert un magasin de moyenne surface sur le boulevard Maurice-Duplessis, le mercredi 21 mars. Nommé Centre de rénovation Rivière-des-Prairies, il offrira un service de proximité aux acheteurs en plus de stimuler l’économie et l’emploi dans le secteur.
Pour le directeur du magasin, Vincent Legault, l’implantation d’un tel commerce était nécessaire dans le quartier. N’étant pas originaire du secteur, c’est en sillonnant les rues du coin qu’il s’est aperçu de l’absence de quincaillerie.
« On a fait une étude de marché, indique-t-il. Il y avait un bassin de population directe qui a un besoin en quincaillerie. Il y a beaucoup de commercial, beaucoup de résidentiel aussi, des maisons qui sont assez âgées. »
Questionné à savoir si la présence d’un Canadian Tire un peu plus à l’ouest sur Maurice-Duplessis ne répondait pas justement aux besoins des Prairivois, M. Legault affirme qu’il s’agit plutôt de concurrence indirecte. Même si les deux entreprises offrent des outils semblables, le Canadian Tire se consacre plus au secteur automobile. Quant au Rona, il offre davantage de matériaux de rénovation.
« Je pense que les Québécois aiment beaucoup ce type de quincaillerie-là, où on peut retrouver toutes sortes de choses pour la construction, la rénovation de nos maisons, et des besoins particuliers », se réjouit de son côté la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, en marge de l’inauguration officielle du magasin.
Les effets sur l’économie locale
Il est difficile de chiffrer l’impact réel qu’aura l’ouverture du magasin de 23 500 pi2 (un peu plus de 2 km2) sur l’économie locale. Mais tous s’accordent pour dire que cet impact ne peut être que positif.
Indirectement, d’abord, le fait de créer des commerces de proximité peut influencer favorablement les acheteurs de maison. Et Rivière-des-Prairies, avec ses nombreux projets domiciliaires, se positionne avantageusement.
« Il y a plusieurs secteurs résidentiels qui se construisent et les gens ont besoin de ce type de commerce, affirme la mairesse.
« Pour nous, c’est vraiment un atout, parce qu’on est dans un secteur qui va se développer avec Maurice-Duplessis [qui va être achevé], avec le choix stratégique aussi d’avoir la gare de Rivière-des-Prairies qui va être à proximité, et puis la 25 qui est à côté. »
M. Legault insiste de son côté sur le fait qu’une partie des produits en vente sont achetés à des fabricants locaux. Comme quoi les retombées économiques peuvent aussi être directes.
« Tous les fournisseurs qui sont locaux, on essaie d’aller les encourager le plus possible », assure-t-il. Il donne en exemple les entreprises Moulding & Millwork, sur le boulevard Henri-Bourassa, et Vaserie PLP Canada ltée, sur le 4e Avenue, qui fabriquent respectivement les portes d’intérieur et les vases en vente au Centre de rénovation.
« Si on débarque ici et qu’on agit comme des cowboys, les gens ne viendront pas. Si on les respecte et on encourage leur business, ils vont venir encourager la nôtre. »
Au moment de mettre sous presse, il n’avait pas été possible de joindre la Société de développement économique du secteur afin de connaître son avis sur l’impact économique du Rona.
Et les emplois?
Les emplois générés par l’ouverture d’un grand magasin sont un autre indicateur des retombées économiques.
« J’ai des employés qui viennent de Laval, Pointe-aux-Trembles, Repentigny, le mot se passe, mentionne M. Legault. Quand on a affiché l’offre d’emplois qu’on avait ici, on a eu entre 350 et 400 CV. Donc on voit que la demande était très, très forte pour l’emploi. »
Le directeur se fait toutefois rassurant, et assure qu’une juste part de la quarantaine d’emplois ainsi créés est allée à des citoyens de Rivière-des-Prairies. « Je ne peux pas donner un chiffre, mais ça doit osciller dans les 75 % », dit-il.
« Oui, je trouve que c’est une bonne nouvelle », commente Ginette Alarie, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi de Rivière-des-Prairies.
« Je trouve ça gros 75 %. Si c’est ça, c’est une belle réussite, croit-elle. Ça vient diversifier un peu » le secteur de l’emploi pour les jeunes.
Elle est d’autant plus surprise qu’il est rare, à son avis, que des grandes bannières offrent autant d’emplois aux gens qui habitent à proximité.
« C’est pas toujours ça qui arrive avec des grosses structures, explique-t-elle. On avait déjà fait des démarches pour approcher ce genre d’entreprise, et ce n’est pas d’emblée qu’ils vont engager des gens de la place. »
Mme Alarie se promet maintenant d’aller à la rencontre de M. Legault, et de l’aider à recruter de jeunes recrues pour l’avenir.