Trois avancées technologiques à surveiller
En 2014, la technologie a fait de nombreuses avancées qui amélioreront notre futur (ou pas!). Métro présente trois percées technologiques qui ont piqué notre intérêt dans la dernière année et qui continueront de surprendre en 2015 et au-delà. Petit tour d’horizon.
1. La voiture autonome
L’auto capable de conduire toute seule et d’aller se garer pendant que vous partez magasiner, en fait rêver plusieurs.
«Ce type de véhicule à mi-chemin entre le taxi, la voiture de location et le transport en commun pourrait faire beaucoup pour l’autopartage. Les autos commandées à distance viendraient chercher leur utilisateur et repartiraient elles-mêmes au garage. Ça permettrait d’optimiser notre flotte et de répondre plus efficacement aux besoins sans avoir besoin de stations», explique à Métro Marco Viviani, porte-parole de Communauto.
Le journaliste californien Lee Gomes, qui suit le dossier depuis longtemps, ne croit pas que le projet se concrétisera en 2017 comme l’espèrent les dirigeants de Google. «Les démos actuelles montrent l’auto dans des banlieues où les rues sont larges, la signalisation récente et avec assez peu de circulation. Bref, ils ont résolu les problèmes les plus faciles. Ils ne montrent pas ce qui n’est pas faisable et qui sera bien plus compliqué à résoudre», souligne-t-il à Métro.
Par exemple, la voiture n’est pas capable de conduire sur la neige ou par forte pluie, ni d’éviter les nids-de-poule, ou reconnaître une place libre. Si la signalisation a changé, que des travaux se sont ajoutés, elle n’est pas encore capable de répondre de façon adéquate. Elle ne peut pas faire la différence entre un policier situé sur le bord de la rue qui vous intime l’ordre de vous arrêter et un simple piéton.
«Beaucoup de gens croient à tort que le passager peut prendre le contrôle de l’auto, mais ce n’est pas l’ambition du Google car. Dans le plus récent prototype présenté cette année, il n’y a ni volant ni pédale», ajoute le journaliste.
Selon lui, le Google car ne pourra jamais être aussi efficace qu’une voiture telle qu’on la connaît actuellement. Par contre, il entrevoit d’ici 10 à 15 ans, une auto qui serait capable de rouler sur des trajets bien déterminés, à une vitesse raisonnable, un peu comme le fait actuellement un autobus.
Lors de la conférence sur les véhicules électriques tenue en octobre à Vancouver, présidente du CA de Mobilité Électrique Canada, Catherine Kargas, continuait de tabler sur une commercialisation des premiers véhicules d’ici 2020. Près d’une dizaine de projets sont actuellement en cours chez les principaux constructeurs dont Bosch qui prévoit un tel véhicule d’ici 10 ans, indique-t-elle. «Reste à voir si les constructeurs qui investissent de grosses sommes miseront sur l’autonomie complète ou sur l’aide à la conduite qui est beaucoup moins révolutionnaire. On espère aussi que la législation permettant aucun conducteur suivra», note M. Viviani.
Ce dernier souligne que le Québec pourrait contribuer à la recherche. «Le projet Nomade de véhicule électrique 100% québécois pourrait comprendre des senseurs, des radars et des caméras pour être totalement autonome», souligne M. Viviani en ajoutant que les entreprises d’autopartage comme la sienne offrent d’excellents terrains d’expérimentation. Mais avec le changement de gouvernement, ce volet du projet Nomade est en attente de financement.
2. L’imprimante 3D
Quelques années après avoir été reconnue parmi les 50 découvertes de l’année par le magazine Time, l’imprimante 3D continue de surprendre.
«Cette année, des imprimantes 3D ont permis de fabriquer 30 fois plus rapidement la chambre de combustion d’une fusée, dans un métal très difficile à usiner, l’inconel. Les chercheurs ont aussi imprimé des tissus contenant leur propre réseau sanguin», explique à Métro Stéphane Rousseau, cofondateur d’Accélération Design et Innovation, une entreprise qui aide les inventeurs dans la réalisation de prototypes disposant d’une intelligence électronique.
Cela permet d’ici 10 ans d’envisager le premier cœur imprimé en 3D. «On utilise l’impression 3D pour imprimer un substrat de structures auxquelles les cellules vivantes vont se greffer pour croître et se nourrir pour ainsi créer un organe de toutes pièces. Le défi est de pouvoir créer divers types de cellules pour les organes complexes», ajoute M. Rousseau.
Cette année, un entrepreneur chinois a même construit 10 petites maisons en une journée avec une imprimante 3D. Cette dernière a permis d’étaler couche par couche des résidus de construction mélangés à du ciment pour un coût de la fabrication de moins de 5000$ l’unité.
Le défi des années à venir: accroître la rapidité d’impression pour réduire les coûts et trouver des matériaux moins sensibles à la lumière et au soleil.
3. La télépathie
Quand un Indien est capable de transmettre des mots simples à un Français via un électroencéphalogramme, deux ordinateurs branchés à l’internet et des électrodes, la science fait un pas de plus vers la télépathie.
La nouveauté réside dans la transmission de cerveau à cerveau. Mais les chercheurs à l’origine de cette nouvelle avancée se gardent bien de parler de télépathie étant donné que des machines ont servi d’intermédiaire.
«Nous n’avons fait qu’ouvrir une porte», affirme à Métro Michel Berg, président d’Axilum Robotics, un des partenaires du projet. «Le dispositif reste encore lourd et complexe pour transmettre lentement des mots simples, codés en binaires. Il faudra donc poursuivre les recherches pour trouver des solutions plus faciles à mettre en oeuvre, avec des techniques moins encombrantes permettant de transmettre des informations plus complexes comme des phrases, des sensations, des émotions», ajoute-t-il.
Les progrès envisagés pourraient notamment permettre d’ici dix ans de communiquer avec un patient plongé dans le coma ou trouver des applications dans le domaine militaire.

