Domaine Renaissance: projet de 200 logements sociaux sur la table
La reconstruction complète du Domaine Renaissance permettra la création de 200 unités de logement social, selon ce qu’a appris TC Media. Le nombre dépasse largement les attentes du comité logement du quartier.
Le projet, qui doit toujours être approuvé, implique la démolition « graduelle » des immeubles du Domaine Renaissance, lesquels seront reconstruits pour accueillir des locataires au revenu sous le seuil de pauvreté.
En vertu de la Stratégie d’inclusion de logement abordable de l’arrondissement, 15 % des unités des immeubles à plus de 100 appartements devraient être destiné au logement social.
Le Groupe Mach, promoteur immobilier du Domaine Renaissance, qui projette de construire des logements sur plusieurs terrains de Saint-Léonard, bénéficierait d’une entente lui permettant de regrouper toutes ces unités au même endroit.
La zone Viau-Robert, où se trouve le Domaine Renaissance, accueillerait donc tous les logements sociaux, dont le nombre est pour l’instant évalué à 200, selon le conseiller de ville Dominic Perri. Une estimation confirmée par le directeur d’arrondissement Gilles Rainville et la directrice du comité logement Action Dignité, Sylvie Dalpé.
Par le passé, le nombre de logements sociaux envisagé pour le Domaine Renaissance était de 100, alors qu’Action Dignité en exigeait 150.
Le promoteur n’a toutefois pas voulu confirmer le nombre de logements projeté par les différents partenaires. «Je ne peux pas confirmer des chiffres tant que le projet n’est pas final avec l’arrondissement. Ça peut encore changer», affirme Cédric Constantin, du Groupe Mach.
Le projet du Domaine Renaissance doit toujours être soumis aux consultations publiques l’an prochain et passer par les différentes étapes d’approbation prévues par les règlements de l’arrondissement.
En attendant, des logements du Domaine Renaissance sont laissés vacants dans le but de relocaliser les locataires lorsque la démolition débutera. «Pour le moment, aucune location ne se fait mais la situation sera clarifiée sous peu», a confirmé à TC Media Vincent Dionne, le président d’Immomarketing, gestionnaire des immeubles du Domaine Renaissance.
Perri dit d’ailleurs ne pas s’inquiéter des problèmes que pourraient causer la démolition entière des 300 logements, puisque le «taux de roulement est environ d’un tiers des locataires par année».
Un grand pas pour le logement léonardois
Pour Action Dignité, l’avancement du projet est un grand accomplissement.
« On a fait de la mobilisation, il a fallu se battre pour avoir ce projet. C’est une première à Saint-Léonard. Pour une première fois je vois une volonté d’avoir du logement social », se réjouit-elle.
Même si le projet est « embryonnaire », une coopérative d’habitation en est à ses premiers balbutiements, chapeautée par l’organisme Bâtir son quartier.
«Il y a eu une rencontre d’information récemment au Domaine Renaissance pour inviter les locataires à participer à la coop», affirme Mme Dalpé.
Si le nombre de 200 dans le cadre de ce projet est plus que satisfaisant pour Mme Dalpé, tout n’est pas gagné à Saint-Léonard. La situation du logement y est critique, avec plus de 1100 personnes habitant présentement Saint-Léonard dans l’attente d’une place en habitation à loyer modique (HLM), en logement abordable ou en résidence selon l’Office municipal d’habitation de Montréal.
Le nombre d’unités de logement social réclamé par Action Dignité s’élève d’ailleurs à 750 depuis 2012.
La nature du projet du Groupe Mach pourrait d’ailleurs améliorer ces conditions. «On sait qu’il va y avoir des condos, mais on veut qu’il y ait surtout des logements locatifs», nuance Mme Dalpé.
Sylvie Dalpé espère d’ailleurs aller chercher suffisamment de subventions pour assurer à 70 % des membres de la coopérative un logement à prix réduit. À ce jour, les coopératives bénéficiant de la subvention Accès logis permettent à 50 % des membres d’en profiter.
Rappelons que l’arrondissement et les organismes communautaires dont Concertation Saint-Léonard travaillent continuellement à la revitalisation de la zone Viau-Robert, réputée pour ses logements insalubres.