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Negro Community Center: demande de mise en réserve du terrain

Photo: Hugo Lorini / TC Media

La Coalition de la Petite-Bourgogne demande que le terrain de l’ancien Negro Community Center (NCC), démoli en 2014, soit mis en réserve pour un projet social et communautaire incluant du logement abordable. Mais l’arrondissement du Sud-Ouest explique ne pas avoir les moyens d’en faire l’acquisition.

Le maire Benoit Dorais parle d’un «coût prohibitif». La valeur du terrain de 727 mètres carrés appartenant à un propriétaire privé est de 324 000$ au rôle d’évaluation.

Lundi, des citoyens et des représentants d’organismes se sont réunis près du lot situé sur la rue Coursol, dans la Petite-Bourgogne, pour réclamer sa mise en réserve.

Pour Patricia Viannay, organisatrice au POPIR-Comité Logement et membre de la Coalition de la Petite-Bourgogne, une réelle «volonté politique et des budgets appropriés» à la ville-centre permettraient à l’arrondissement d’aller de l’avant.

La Ville a créé un fonds de 3 M$ pour 2015-2017 pour des réserves de terrains pour des logements sociaux. «À l’échelle de Montréal, c’est des peanuts», juge Mme Viannay.

Outre du logement, le site pourrait accueillir des services communautaires tels un centre de la petite enfance et une clinique médicale. «Dans le quartier, il n’y a pas beaucoup de services de proximité», note Vicente Perez, directeur de la Coalition de la Petite-Bourgogne. Directeur de l’Association des jeunes de la Petite-Bourgogne, Michael Farkas avance pour sa part l’idée d’intégrer «un centre de documentation sur l’histoire de la communauté noire». Il rappelle que le NCC ouvert de 1927 à 1993 a joué un rôle important pour cette communauté.

Le terrain est présentement zoné institutionnel. L’arrondissement a déjà indiqué qu’il ne souhaitait pas voir un projet de condos à cet endroit. Le maire Dorais précise qu’il n’y aura pas de changement de zonage tant qu’un projet soumis par le propriétaire «n’aura pas été accepté par la communauté».

Deux terrains dans la mire
Patricia Viannay reconnaît les efforts de l’arrondissement pour acquérir des terrains pour du logement social. «Localement, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas une écoute. Mais les moyens financiers sont limités», fait-elle observer. Selon elle, la solution doit venir de la ville-centre.

L’arrondissement a fait l’acquisition l’an dernier d’un terrain sur la rue Saint-Ambroise et négocie l’achat d’un second lot situé à côté pour la construction de logements abordables. «On devrait s’entendre dans les prochains mois», avance le maire. L’arrondissement a aussi imposé une réserve sur un terrain appartenant à un propriétaire privé situé aux abords de l’avenue Greene. «C’est plus complexe. On ne s’entend pas sur le prix», indique M. Dorais, mentionnant que l’arrondissement pourrait procéder par voie d’expropriation.

«Réserver des terrains, on peut le faire localement à petite échelle. Mais plus on est près du centre-ville plus ça coûte cher», signale le maire, conscient que le fonds de 3 M$ est insuffisant. À son avis, une application par les arrondissements de la stratégie d’inclusion bonifiée par la Ville à la fin de 2015 permettrait de construire davantage de logements sociaux.

L’administration Coderre a fait passer de 200 à 100 unités le seuil après lequel un projet résidentiel doit inclure 15% de logements abordables et 15% de logements sociaux.

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