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1,5 milliard de trop pour les médecins, selon une étude

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Un surplus de 1,5 milliard de dollars par année serait consacré à la rémunération des médecins québécois, indique une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). La rémunération des médecins grimperait plus rapidement que celle du personnel non médical du réseau de santé. 

En moyenne, la rémunération excédentaire reçue par les médecins est de 69 000$ par année. Cet excès est plus marqué chez les spécialistes (88 000$) et plus faible chez les omnipraticiens (49 000$).

L’IRIS estime que le système de santé a été sous-financé de 2,5 milliards de dollars. En retirant aux médecins une partie de leurs hausses salariales, il serait possible d’éponger 60% de ce «manque à gagner». Cela tendrait à rétablir le financement du réseau à son niveau d’avant 2008-2009.

Croissance «excessive»

La croissance qu’a connue la rémunération des médecins au cours des 15 dernières années est «excessive», déplore la chercheuse de l’IRIS Annie Plourde. 

«Sa réduction est une avenue incontournable qui permettrait, par le biais d’un simple transfert de fonds, de réduire considérablement le manque à gagner creusé par les années d’austérité budgétaire dans l’enveloppe consacrée à l’ensemble des services de santé.»

Rétablir la rémunération des médecins permettrait aussi de pallier la pénurie d’infirmières et de préposées aux bénéficiaires. Effectivement, une réaffectation permettrait d’ajouter l’équivalent d’une infirmière de plus pour chaque médecin au Québec. 

«Les médecins ont gagné le conflit de l’allocation des ressources au détriment de la population et rééquilibrer le tout doit être la priorité numéro un pour continuer de faire face à la pandémie et les années à venir», estime le chercheur de l’IRIS Philippe Hurteau. 

Promesse ratée?

Lors de son élection, la CAQ promettait de réduire d’un milliard de dollars par année la rémunération des médecins spécialistes. Finalement, c’est plutôt une réduction de 1,6 milliard de dollars sur quatre ans qui a été négociée entre le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). 

Cette cible n’est toutefois pas en voie d’être atteinte, selon un rapport récent de la Vérificatrice générale. «L’argent est là, il suffit simplement de l’investir dans les services à la population plutôt que de l’ajouter à la rémunération des médecins», tranche Mme Plourde.

Le système de rémunération des médecins a des lacunes qui persistent depuis 2015, observe la Vérificatrice générale Guylaine Leclerc. Elle critique le manque de suivi, les aides gouvernementales inutilisées et la complexité des ententes du ministère de la Santé.

En fonction du coût par habitant, la rémunération des médecins a connu une hausse de 32% entre 2010 et 2020. Une analyse rigoureuse de ces dépenses devrait être effectuée, suggère-t-on, notamment dans «le but de réaffecter les sommes non dépensées en temps opportun.»

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