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Itinérance: la tente au square Cabot fermera-t-elle par manque de fonds?

La tente Raphaël André qui accueille la nuit les itinérants du square Cabot. Photo: Métro Média - Lila Maitre

Bien que les permis aient été renouvelés jusqu’à la fin du mois de mars, il manque encore 165 000 $ pour que la tente du square Cabot, destinée à offrir des services aux itinérants autochtones, puisse continuer d’être en activité tout au long de l’hiver. Les gestionnaires tentent de combler le manque d’ici le 10 décembre.

La tente Raphaël André, ainsi nommée à la mémoire de cet itinérant innu tragiquement décédé dans une toilette chimique faute de place dans un refuge, a été installée en février 2020. Elle accueille des personnes vulnérables en leur offrant un repas chaud et un endroit pour dormir.

Chaque jour, environ 400 personnes passent par cet abri dressé au milieu du square Cabot. Il s’agit majoritairement d’Autochtones, mais aussi de certains allochtones, et parfois même d’enfants. 

Manque de fonds

Nakuset, codirectrice de l’organisme Résilience et directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, gère les opérations de la tente Raphaël André. Depuis des semaines, elle remue ciel et terre pour trouver du financement afin de payer les employés et les repas.

En effet, la Ville de Montréal a renouvelé le permis pour maintenir en activité la tente jusqu’à la fin de l’hiver. À condition que l’équipe ait assez de fonds pour le faire, explique Nakuset. Celle-ci indique avoir eu une rencontre avec la Ville le 16 novembre à ce sujet. 

En dix jours, grâce aux dons de la communauté, elle a pu collecter 485 000 $ sur le total des 650 000 $ nécessaires afin de faire fonctionner la tente jusqu’en mars. Elle lance un véritable cri du cœur pour trouver les dernier 165 000 $.

«Je n’ai jamais travaillé aussi fort. J’ai supplié des organismes communautaires et des fondations privées sans arrêt. Je fais tout pour amasser ce dernier 165 000 $, affirme Nakuset. Je regarde mes courriels toutes les cinq minutes pour voir si j’ai des retours ou des confirmations.»

Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Une rencontre avec la Ville est prévue le 10 décembre. Quel sort pour la tente si l’argent n’est pas récolté avant cette date? Nakuset n’en sait rien, mais elle craint le pire. «Si on ferme la tente, qui va s’occuper de notre clientèle? On va laisser des gens marcher dans les rues, affamés et fatigués?», se demande-t-elle.

De son côté, Ville de Montréal confirme être actuellement en discussion avec ses partenaires pour la poursuite du projet. «Nous nous sommes engagés à continuer à fournir l’installation de la tente chauffée pour l’hiver», ajoute la porte-parole Mylene Gaudreau.

Pour sa part, le cabinet du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, rappelle avoir été un des premiers à soutenir le projet de halte-chaleur au Square Cabot l’hiver dernier. «Nous avons participé activement de manière financière afin de permettre à la halte-chaleur d’opérer. On continue de travailler avec Nakuset pour trouver des solutions encore cette année», ajoute son attaché de presse, Mathieu Durocher.

Location permanente recherchée

Présentement, il n’y a de la place que pour une quinzaine de personnes à la fois dans la tente, et cela est loin d’être suffisant. «On est obligés de les faire circuler. On demande aux 16 personnes de se coucher pour faire une sieste de deux heures et ensuite on envoie un autre groupe de gens pour qu’ils se réchauffent», explique Nakuset. 

D’autant plus que les autres refuges destinés aux Autochtones font aussi face à des problèmes de capacité. En novembre dernier, Elisapie Pootoogook, une itinérante inuk issue de Salluit au Nunavik, a été retrouvée sans vie sur un site immobilier en construction tout près du square Cabot.

Celle qui est morte de froid avait l’habitude de fréquenter le refuge de l’organisme Résilience, situé tout près. Son histoire rappelle celle de Raphaël André Nappa.

Le besoin est tellement immense qu’il faut trouver un endroit permanent pour offrir des services aux centaines de visiteurs de la tente Raphaël André, fait valoir Nakuset. «Ce n’est pas si difficile de trouver de l’espace, mais on dirait que la volonté n’est pas là», pense-t-elle.

Il est possible de faire des dons à la tente Raphaël André.

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