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Réouverture des gyms: un accueil mitigé des propriétaires

Une imitation de code QR dans un gym. Photo: Josie Desmarais/Métro

Le moral n’est pas au beau fixe pour les propriétaires de centres d’entraînement alors que Québec a annoncé leur réouverture le 14 février prochain. Ces derniers ont été durement touchés par la pandémie et c’est sans engouement qu’ils rouvriront une quatrième fois leurs portes.

C’est avec de la «méfiance» que le copropriétaire du LABB dans Ahuntsic-Cartierville, Evens Examé, accueille l’annonce faite par le gouvernement.

C’est la quatrième réouverture qu’effectue son établissement. C’est donc avec une certaine lassitude qu’Evens Examé rouvrira son centre, où il sera le seul à donner les cours d’entraînement, car ses 12 employés ont dû être congédiés pour des raisons économiques.

«À chaque fois, c’est comme si je repartais à zéro une entreprise, dit-il. Est-ce qu’on est prêt? Oui, mais est-ce que ce sera suffisant pour le gouvernement? Le temps nous le dira.»

Il explique avoir même peur de lancer une campagne de promotion pour attirer les clients, car ce serait, selon lui, perdre de l’argent en cas d’une nouvelle fermeture imposée par le gouvernement.

«Je suis content de rouvrir, mais je suis rendu à un point où je suis méfiant des prochaines annonces qui pourront être faites, dit-il. À tout moment le premier ministre pourrait décider de refermer.»

Un manque d’aide financière

Le propriétaire du LABB déplore le fait que les subventions gouvernementales soient insuffisantes et qu’elles ne permettent pas de remonter la pente.

«Réellement, on n’a pas d’aide; c’est uniquement pour le propriétaire afin de payer son loyer», dit-il.

Il explique que pour les établissements qui ont été fermés entre le 19 décembre et le 15 janvier, la prochaine date pour faire une demande d’aide financière auprès du gouvernement est le 7 février.

«Après deux ans à piger dans les fonds de tiroirs, à un moment donné les poches sont vides», ajoute-t-il.

Pour les établissements qui ont ouvert peu de temps avant la pandémie, la note est encore plus salée. C’est le cas de Nadi, la propriétaire d’elleFITNESS Montréal dans le Plateau-Mont-Royal.

Son centre d’entraînement, qui accueille uniquement des femmes, avait ouvert ses portes le 20 janvier 2020, soit quelques semaines avant la première fermeture imposée par Québec.

J’ai été plus fermée qu’ouverte […] je ne suis pas certaine que l’entreprise puisse se relever.

Nadi, propriétaire du centre d’entraînement elleFITNESS Montréal

Les aides financières du gouvernement étaient basées sur les pertes encourues par rapport à l’année 2019. Nadi n’a donc eu guère le choix de se séparer de tous ses employés pour tenter de survivre.

«En matière de subventions, on a été balayés de la main, explique-t-elle. On n’a jamais vraiment eu le temps de respirer.»

Malgré une date de réouverture annoncée à l’avance lui permettant de se préparer, elle avoue que le moral n’est pas là. Après avoir investi 200 000 $, elle se bat maintenant pour négocier le prix du loyer et garder en vie son établissement.

 Au-delà des menaces financières, c’est le changement des habitudes de la clientèle qui inquiète Nadi

Une clientèle qui a changé ses habitudes

Pour la propriétaire du elleFITNESS Montréal, les deux années de pandémie ont eu un impact considérable sur la clientèle. Alors qu’elle comptait sur les clientes venant travailler dans les bureaux, le télétravail réduit sa clientèle aux femmes du quartier.

Selon elle, la clientèle a changé ses habitudes et s’est tournée vers d’autres pratiques sportives telles que le plein air.

«C’est très difficile pour les gens de reprendre de bonnes habitudes», explique Nadi.

Evens Examé craint quant à lui une éventuelle «seconde pandémie» en raison de l’augmentation de l’obésité et de l’hypertension due à la diminution de la pratique sportive au cours de la pandémie. Selon lui, beaucoup de gens ont laissé l’entraînement de côté et ont perdu leur intérêt pour celui-ci.

Tous deux espèrent que la pandémie amènera la société à considérer les activités sportives comme étant des pratiques essentielles à la santé mentale.

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