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Antiracistes et pro-camionneurs s’opposent à Montréal

Manifestation au parc Jarry, à Montréal, samedi le 14 février. Photo: Alexis Aubin/Collaboration spéciale

Deux rassemblements aux idées opposées ont eu lieu au parc Jarry, à Montréal, samedi en matinée. L’un, antiraciste, a dénoncé les personnes qui composent le «convoi de la liberté», dans lequel il y aurait des conspirationnistes et des personnes de l’extrême droite. L’autre a soutenu les camionneurs d’Ottawa.

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées dans le stationnement du parc Jarry, du côté des pro-camionneurs, et plusieurs dizaines du côté des antiracistes. Le Service de police de la Ville de Montréal faisait office de séparation entre les deux groupes. Après une marche dans le quartier, une série de discours ont été prononcés par les partisans du «convoi de la liberté».

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a expliqué devant la foule que le devoir des citoyens face à des mesures discriminatoires, c’était la désobéissance civile. D’autres intervenants l’ont suivi. Les messages prônant la levée des mesures sanitaires ont été légion. Notamment pour la «santé mentale des enfants». D’autres ont affirmé que les mesures sanitaires ne sont pas justifiées scientifiquement.

L’un des coorganisateurs de l’événement, Carl Giroux, explique que sa volonté est de mettre fin à la «ségrégation et la discrimination». «On est là contre personne nous autres. La seule affaire qu’on veut retrouver, c’est nos droits et nos libertés.» Il considère que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, minimise le «convoi de la liberté» en qualifiant le mouvement d’extrémiste. «Dans des manifestations, il peut toujours avoir une minorité, je m’associe pas à eux. S’ils sortent un drapeau nazi, j’ai pas ce contrôle-là.»

Même si aucun drapeau nazi n’a été vu pendant la manifestation pro-camionneurs à Montréal, au milieu des drapeaux québécois et canadiens, des symboles à la gloire de Trump ou des pancartes avec des étoiles juives jaunes étaient affichés.

Malgré le plan de déconfinement graduel jusqu’au 14 mars, M. Giroux ne fait pas confiance au gouvernement, qu’il qualifie de «sournois». «Moi, je les crois plus. Ça fait deux ans qu’ils nous mentent. C’est sournois. Comme il y a une grogne, ils veulent enlever le [passeport vaccinal]. J’embarque pas là-dedans, c’est de la manipulation.»

Les manifestants se sont dispersés petit à petit peu après midi, tandis que certains ont affirmé prendre la direction d’Ottawa.

La mairesse de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Laurence Lavigne Lalonde, avait prévenu ses concitoyens que quelques désagréments pourraient survenir samedi en marge de la manifestation. Mais elle avait assuré que la Ville et les services de police suivraient de près la situation. Selon les constatations sur place, il n’y a pas eu de débordements.

«Bien sûr, nous reconnaissons le droit fondamental de manifester. Et comme c’est habituellement le cas lors de manifestations, aucun dérapage ne sera toléré. D’ailleurs, la Ville et son service de police sont déjà mobilisés et suivent la situation de près afin d’éviter tout débordement», s’était-elle exprimée sur son compte Facebook.

Le SPVM indique qu’aucun débordement n’est à signaler. La police a encadré la marche.

Une contre-manifestation pour dénoncer l’extrémisme

Avant que les manifestants se rassemblent en soutien aux camionneurs d’Ottawa au parc Jarry, une contre-manifestation s’est organisée en matinée au même parc. Celle-ci avait pour but de dénoncer l’extrême droite et les conspirationnistes qui composeraient le «supposé convoi de la liberté».

En effet, une membre du groupe Facebook «Réponse communautaire au Parc Jarry» a expliqué à Métro que l’objectif était de dénoncer les manifestants qui transmettent des messages confus. «On essaie d’apporter un message plus clair, car il y a des gens qui portent des drapeaux nazis, etc. Ce n’est pas le bon message. On vient juste dire que ce n’est pas ça le Canada», précise W.B., qui n’a pas souhaité dévoiler son nom complet. Ces manifestants antiracistes étaient minoritaires et pacifiques. W.B. et son groupe mentionnent qu’il n’y a pas eu de comportements irrespectueux envers eux, mais juste des regards très insistants.

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