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Le budget Girard «consternant» pour les organismes communautaires

Marie-Andrée Painchaud-Mathieu lors d'une conférence de presse.
La directrice du RIOCM, Marie-Andrée Painchaud-Mathieu. Photo: Archives Josie Desmarais, Métro

Les organismes communautaires sont consternés par le budget 2022-2023 déposé mardi par le ministre des Finances Eric Girard. Ce dernier se targue pourtant d’offrir des investissements «sans précédent» à des organismes qui jouent un rôle «majeur» dans les communautés, en particulier en période de pandémie.

«On ne sait plus c’est quoi l’étape après la colère. Je ne suis pas certaine que de dire qu’on est outrés est suffisant», s’indigne la coordonnatrice du Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM), Marie-Andrée Painchaud-Mathieu.

Le Regroupement, qui compte un peu plus de 350 organismes en santé et services sociaux dans la métropole, estime ses besoins à 100 M$. Or, l’investissement prévu pour le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) est de 37,1 M$ pour cette année, à travers la province.

«On peut penser qu’à Montréal, on va obtenir 6,5 M$. C’est extrêmement peu, c’est 6,5% de nos besoins», estime Mme Painchaud-Mathieu.

Le budget comprend aussi des investissements sectoriels qui se déploieront sur plusieurs années, mais qui, à ce moment-ci, «sont trop imprécis pour être évalués», selon le RIOCM.

«On est à terre»

Les maisons des jeunes font partie des organismes qui sont financés à travers le PSOC.

«C’est dramatique», laisse tomber le directeur général du Regroupement des maisons des jeunes du Québec, Nicholas Legault, à propos du budget.

Le Regroupement estime que 68 M$ seraient plutôt nécessaires pour assurer le fonctionnement de base des 217 maisons à travers la province.

À l’aube du budget, les maisons des jeunes avaient d’ailleurs crié à l’aide, faisant valoir que près de la moitié d’entre elles avaient dû réduire leurs services ou même fermer leurs portes en raison du manque de personnel. Avec le financement actuel, les maisons des jeunes n’arrivent pas à offrir des conditions de travail concurrentielles aux intervenants et à freiner l’exode vers le réseau public, souligne M. Legault.

On est à terre. Où est la prévention? Comment se fait-il qu’on ne donne pas plus à nos ados qui vont vivre les répercussions de la pandémie? Si on continue comme ça, il va y avoir des fermetures et il va être trop tard.

Nicholas Legault, directeur du Regroupement des maisons des jeunes du Québec

Les organismes communautaires font valoir qu’il y a deux ans, Québec avait plutôt investi 40 M$ dans le PSOC. «Ça, c’était avant la pandémie. Avec 37 M$, on maintient les groupes communautaires dans le même sous-financement chronique dans lequel ils sont depuis des années», conclut Mme Painchaud-Mathieu.

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