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La crise ne change rien…

Bernard Mooney, directeur de la section Conseils du journal Les Affaires

On parlera longtemps de cette crise qui a vu le système financier passer proche de l’effondrement total l’an dernier. Pour l’ensemble des épargnants et des investisseurs, cette crise a provoqué un appauvrissement important et subit. Lorsque les principaux indices boursiers perdent 50 % de leur valeur, il est difficile, voire impossible, de s’en tirer indemne.

Réaction irrationnelle
Nous voilà dans une nouvelle saison REER, et le parfum de crise domine encore. Que faire? Pour certains, les événements des derniers mois sont la preuve qu’il ne vaut pas la peine d’épargner et d’investir. Comme un lecteur le l’a lancé il y a quelques semaines : «Tant qu’à perdre mon argent à la Bourse, aussi bien le dépenser moi-même et en profiter.»

C’est une réaction compréhensible mais irrationnelle. Les événements de 2008 sont catastrophiques pour les personnes qui sont tout juste sur le point de prendre leur retraite ou, peu importe la raison, qui sont forcées d’encaisser leurs placements. Ce faisant, elles réalisent leurs pertes et s’appauvrissent vraiment.

Ce qui veut dire que pour bien des gens, la crise et l’effondrement boursier ne sont pas si négatifs que cela. En fait, pour la plupart des lecteurs de Métro, c’est une bonne nouvelle!
Pourquoi? Parce que la conséquence directe des événements, c’est que main­tenant, les prix des actifs boursiers sont beaucoup plus bas, ce qui favorise l’acheteur.

Et en principe, l’acheteur devrait être la jeune personne qui a un travail, qui épargne et qui bâtit pour le long terme. L’effondrement des cours boursiers procure à cette personne la chance d’acheter à bas prix.

Je sais qu’un tel discours choquera. La Bourse est le seul endroit où les gens veulent payer plus cher.
Par exemple, vous aimez le pain et je vous dis que le prix du pain va grimper le mois prochain. C’est une mauvaise nouvelle pour vous. À l’inverse, je vous dis que les prix des aliments vont baisser chaque mois cette année. Cela devrait vous réjouir, en tant qu’acheteur (pour le producteur, c’est une autre histoire).

Profiter des bas prix
À la Bourse, les gens ont la réaction inverse. Ils sont contents lorsque les prix bondissent. Pourtant, cela signifie que les prix seront plus élevés au moment de leurs prochains achats. Au contraire, ils sont déprimés par des prix en baisse. Pourtant, chaque dollar investi dans ce contexte achète davantage.

Pour l’investisseur à long terme, dont l’horizon de placement se situe entre 25 et 50 ans, les événements de l’an dernier ne devraient pas provoquer de changement à sa stratégie. Il reste toujours aussi important d’épargner systématiquement et d’investir cet argent pour maximiser son rendement à l’intérieur du REER. Ce que la crise de l’an dernier devrait nous avoir appris, c’est, d’une part, les graves dangers de l’endettement, et, d’autre part, les grandes vertus de la prudence.

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