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Des avocats dénoncent la judiciarisation de la grève

Photo: Claude Lapierre/monscoop@journalmetro.com

Une dizaine d’avocats québécois ont dénoncé, mardi à Montréal, la multiplication des injonctions contre les étudiants en grève.

«La répression judiciarisée du mouvement étudiant est contraire à l’esprit des Chartes canadienne et québécoise des droits et des libertés», a déclaré l’avocat Jonathan Leblanc.

L’Association des juristes progressistes a rendu publique, mardi, une lettre où elle condamne la tournure que prend le conflit étudiant. Selon ses membres, la judiciarisation du mouvement de grève crée un climat de confrontation entre les étudiants. «Lorsque le gouvernement encourage les injonctions individuelles, il instrumentalise le système judiciaire québécois et cela est inacceptable», a dénoncé Me Leblanc.

Par ailleurs, les spécialistes du droit ont profité de la conférence pour revenir sur les débats sémantiques qui opposent les associations étudiantes et le gouvernement. «C’est une guerre des mots, a commenté Jonathan Leblanc. Nous sommes bien d’accord que condamner et se dissocier, c’est la même chose. Et puis, dire que nous sommes présentement devant un boycott et non une grève, d’abord c’est faux, et puis ce n’est que du marketing social.»

Mardi encore, un finissant en technique d’assainissement de l’eau au cégep de Saint-Laurent a déposé une injonction devant la Cour supérieure du Québec. L’étudiant souhaite que l’établissement lui donne ses cours, qui sont suspendus depuis le 27 février.

Un professeur a été arrêté à l’Université du Québec en Outaouais, lors d’une protestation contre l’injonction qui a permis la reprise des cours.

Pour Gérard Beaudet, professeur en aménagement à l’Université de Montréal, ce qui se passe à Gatineau est aberrant. «Ce n’est ni à la police, ni aux tribunaux de nous dire comment et quand nous devons enseigner!» a soutenu le professeur.

Mauvaise gestion
Une manifestation étudiante a dénoncé mardi à Montréal la mauvaise gestion du parc immobilier des universités.

Le cortège est parti du 1420, Mont-Royal, qui a été vendu par l’Université de Montréal, pour rejoindre le site de l’ancienne gare de triage d’Outremont, où l’UdeM va ériger un nouveau campus. Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire, s’est jointe au rassemblement. «Il est primordial de montrer le gaspillage des fonds publics à l’université», a-t-elle affirmé.

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