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La commission frappe un mur avec Themens

Photo: Métro

À mesure que la Commission Charbonneau remonte la hiérarchie à la Ville de Montréal, les révélations-chocs se font rares. Un autre témoin a nié mercredi avoir été au courant et participé à la collusion et la corruption.

Yves Themens, présentement chef de section au contrôle des matériaux, a déclaré sous serment n’avoir jamais trafiqué d’estimations de projet en compagnie de son subalterne Gilles Suprenant. Ce dernier a reconnu avoir touché plus d’un demi-million de dollars en pots-de-vin pour avoir gonflé les prix estimés des projets de voirie à la Ville de Montréal. Il avait indiqué qu’à une reprise, il avait reçu l’aide de M. Themens.

M. Themens a même déclaré qu’il n’a jamais rien su et vu du travail frauduleux de M. Surprenant et n’avait pas remarqué que les prix étaient gonflés. Pourtant, dans le cadre de ses fonctions, il endossait les sommaires décisionnels, lesquels contenant les estimations des coûts des projets préparés par les ingénieurs comme M. Surprenant.

«Avec toutes les étapes de validation, je ne pense pas qu’on pouvait passer des niaiseries», a-t-il dit avant de préciser que les entrepreneurs n’auraient rien gagné en l’arrosant puisque ses pouvoirs étaient limités. «Je n’avais aucune possibilité de […] favoriser quelqu’un ou faire obtenir un contrat d’aucune façon, de modifier des prix de soumissions […] Mon travail était administratif», a-t-il souligné.

«Est-ce que je dois comprendre que plus vous étiez haut dans la hiérarchie, plus vous n’étiez qu’un ‘rubberstamp’?», a demandé la présidente en référence au fait qu’il aurait signé des documents à l’aveuglette.

M. Themens a expliqué qu’il pouvait poser des questions à l’occasion, mais que ses fonctions ne comprenaient pas la révision des estimations.

Il a reconnu avoir joué au golf avec des entrepreneurs, une dizaine de fois par année. «C’était pour développer un contact à l’extérieur du cadre du travail. Pour connaître les gens et développer une relation», s’est-il justifié.

Il a également reçu de petits cadeaux comme des bouteilles de vin, des billets de hockey, et à quelques reprises, il a lui-même contacté des entrepreneurs pour obtenir des billets.

Même s’il insiste sur le fait que ces cadeaux n’ont pas influencé ses décisions, il a admis qu’aujourd’hui, il considère qu’il n’aurait pas dû accepter. Il s’est même dit «content» de l’arrivée d’un code de conduite, en 2009.

«Vous n’étiez pas capable de vous conduire bien avant?», a demandé la juge perplexe. Ce à quoi le témoin a répondu qu’il ne s’était jamais mal conduit, mais que peut-être certains avaient commis des abus.

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