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Pas de pots-de-vin, mais de petits cadeaux

Photo: Métro

L’entreprise Ipex refusait de payer des pots-de-vin, mais a tout de même offert de petits cadeaux aux fonctionnaires pour tenter de percer le marché montréalais. Le témoignage du directeur des ventes de l’entreprise de tuyaux en PVC, Michel Cadotte s’est poursuivi lundi.

Le témoin a reconnu que son entreprise a participé à deux activités de financement du parti politique de l’ex-maire Tremblay, au début des années 2000. Le billet pour l’une des activités a coûté entre 1000$ et 1500$. L’argent a été versé à la firme Génivar. Une autre activité de financement revenait à 500$ le billet, mais M. Cadotte n’a pu dire à qui l’argent avait été donné. Ces activités étaient pour lui l’occasion de faire connaître son entreprise à la Ville de Montréal.

Pendant plusieurs années, M. Cadotte a essayé de vendre ses tuyaux en PVC en vain à la Ville qui privilégiait les tuyaux en fonte.

Chaque année l’entreprise organisait un voyage de chasse près de St-Jovite. Les clients d’Ipex, des entrepreneurs pour la plupart, étaient invités. En 2005, Robert Marcil, directeur de la réalisation de travaux à la Ville de Montréal comptait parmi les invités.

M. Cadotte a aussi payé environ quatre repas au restaurant à M. Marcil. «Le but ultime est de vendre, on est pas là pour le plaisir», a-t-il dit.

M. Cadotte a aussi fait des représentations auprès de Gilles Surprenant, qui se chargeait de la conception des projets à Montréal. Il était une personne importante, comme l’a décrit M. Cadotte puisqu’il avait le pouvoir d’inclure des tuyaux en PVC dans la conception d’un projet.

Pendant trois ans, M. Cadotte a joué au golf avec l’homme ainsi qu’avec Luc Leclerc, ingénieur à la surveillance des chantiers. Les deux fonctionnaires ont reconnu avoir touché plus d’un demi-million de dollars en pots-de-vin chacun.

M. Cadotte a reconnu qu’il se doutait que les deux hommes touchaient des pots-de-vin. «Ils menaient un train de vie que je n’étais pas capable de me payer, a-t-il dit avant d’ajouter : ils avaient l’air de bien s’amuser.»

La semaine dernière, M. Cadotte avait affirmé que sa compagnie avait refusé de verser un pot-de-vin de 150 000$ à l’entrepreneur Nic Milioto pour que ses tuyaux soient utilisés par la Ville. M. Cadotte avait alors indiqué que cela ne faisait pas partie des méthodes de l’entreprise.

Questionné par la présidente France Charbonneau à savoir s’il considérait que les voyages de pêche et autres repas payés aux fonctionnaires étaient plus éthiques, M. Cadotte ne s’est pas défilé. «Non. Je pense qu’on peut se permettre ça avec des distributeurs, les entrepreneurs, mais avec des gens de la Ville, avec des élus, je pense que c’est une erreur. Je n’ai pas honte de le dire, c’est une erreur», a admis M. Cadotte.

L’interrogatoire terminé, l’avocat de la Ville de Montréal, Me Martin St-Jean a contre-interrogé le témoin.

Jean Théorêt intimidé
À partir de 2003, Jean Théorêt, de Saint-Timothée a commencé à soumissionner sur des projets à Montréal, mais il a rapidement senti qu’il n’était pas le bienvenu.

Jean Théorêt, de Gérald Théorêt inc., a racontée qu’après le dépôt de chaque soumission, il recevait des appels et parfois même des visites d’entrepreneurs qui lui ordinnaient «de se tasser». Il s’est même fait offrir 25 000 $ pour s’abstenir de soumissionner, ce qu’il a refusé.

Sur un chantier qu’il avait obtenu malgré l’intimidation ses équipements ont été vandalisés. «Vous n’avez pas cherché à faire partie du cercle?, a demandé le procureur Me Simon Tremblay. «Non», a répondu sans hésiter le témoin. «Pourquoi?»

«Parce que c’est illégal, monsieur», a répliqué M. Théorêt.

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